"Le cdH est de longue date un fervent défenseur de la société civile et a lui-même déjà pratiqué pareilles désignations (Marie-Dominique Simonet, Josly Piette, Alda Greoli, ...). L'idée est séduisante mais le problème n'est pas là. Le cdH ne pense pas pertinent d'offrir à la Wallonie un scénario fragile, instable et peu pérenne tel que celui d'un gouvernement minoritaire à l'heure où d'importants défis se présentent", a-t-il précisé dans un communiqué.

"L'implication de la société civile dans la gestion à venir de la Wallonie doit être un pré-requis, pas un alibi pour formuler une proposition sympathique de prime abord mais bien peu réaliste s'il s'agit d'offrir un gouvernement fort pour la législature qui s'ouvre", a ajouté le cdH.

Enfin, s'il est prêt à se montrer "créatif et constructif pour apporter ponctuellement son soutien depuis l'opposition aux réformes de fond indispensables pour la société et la paix communautaire", le parti "n'envisage pas de structurellement apporter son soutien à un gouvernement minoritaire, quel qu'il soit, afin que des partis tiers mènent une politique qui ne serait pas conforme à notre projet avec un chèque en blanc", a-t-il conclu.

La société civile propose de prendre sa déclaration comme base de négociation

Quarante représentants d'associations regroupés au sein de la "Coordination" proposent de prendre la "Déclaration non gouvernementale" qu'ils ont publiée la semaine passée comme base de négociation d'une éventuelle coalition coquelicot.

La "Coordination" se montre prudente après l'appel du co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. "Comme 'tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute', la société civile doit éviter d'ouvrir 'un large bec pour laisser tomber sa proie'. La société civile doit rester centrée sur son objectif. Pas sur le pouvoir", déclare-t-elle dans un communiqué.

La note qu'elle a publiée repose sur 9 objectifs et quelque 200 mesures qui visent à construire "une société décarbonée, ouverte et inclusive". "Si la proposition Nollet doit être prise au sérieux, la Coordination propose d'abord aux négociateurs de prendre cette Déclaration non gouvernementale comme base de la négociation. Ce texte a été préparé pendant plusieurs mois et s'appuie sur les mémorandums d'une centaine d'organisations. Il y a là un outil réel, disponible et bénéficiant déjà d'un certain appui", souligne la Coordination.

"Il faut prendre au sérieux l'idée de s'arrêter pour ouvrir le dialogue avec la société civile, pas uniquement pour la consulter mais pour construire une véritable alliance dans la durée. C'est une condition sine qua non pour que le changement soit réel et que le tournant soit possible. Ok pour se mettre autour de la table, mais pour entamer ensemble un tournant majeur, démocratique, juste et durable", ajoute-t-elle.

On retrouve dans la "Coordination" des représentants de la FGTB et de la CSC, de Financité, de Greenpeace, de la Coalition Climat, de Tam-Tam, de Médecins du monde ou encore du CNCD 11-11-11.