"Trop, c'est trop", a d'emblée déclaré Jean-Claude Jadot (MR), vice-président d'Enodia, plaidant pour que l'on avance rapidement. "Le CA d'Enodia aurait pu se tenir lundi déjà mais la présidente (Muriel Targnion, PS, NDLR) a préféré attendre", a déploré le libéral.

Dimanche, le gouvernement wallon a cassé les ventes de trois filiales de Nethys: Voo, Win et Elicio. L'ensemble des administrateurs de Nethys ont démissionné de leur fonction dans la foulée. La révélation de ces ventes dans la presse au mois de septembre avait soulevé un vent d'indignation, Nethys ayant conclu des accords en mai, sans en avertir sa maison-mère.

A l'ordre du jour de ce mardi, le CA d'Enodia prendra acte des décisions du gouvernement wallon et écoutera également la présentation du rapport d'expertise qu'il avait commandé pour vérifier la légalité et la valorisation de la vente des actifs commerciaux de Nethys. "Vu la position du gouvernement wallon, on peut penser que nous arriverons aux mêmes conclusions et que nous devrons faire annuler les actes" de vente, avance Muriel Gerkens, administratrice Ecolo. Le CA devrait également convoquer le conseil d'administration de Finanpart, structure intermédiaire entre Nethys et Enodia, qui pourra à son tour convoquer une assemblée générale extraordinaire de Nethys.

Il se tiendrait jeudi mais Mme Gerkens souhaite qu'il se déroule ce mardi, les administrateurs d'Enodia et de Finanpart étant les mêmes. "Les administrateurs de Finanpart devront dire qu'ils se réunissent tout de suite, en motivant l'urgence, soit la convocation de l'AG extraordinaire", explique-t-elle. L'AG devra alors "désigner un nouveau CA (pour Nethys, NDLR), dont les missions seront clairement définies: écarter le management actuel et arrêter les ventes en cours", plaide Mme Gerkens.

Pour Damien Robert, administrateur PTB, c'est clair: Stéphane Moreau, administrateur délégué de Nethys, doit être immédiatement licencié pour faute grave dès ce mardi, sans indemnités. Il était soutenu par une dizaine de militants du PTB qui avaient fait le déplacement, affublés de pancartes exigeant l'arrêt définitif des privatisations et l'éviction du management de Nethys.