En raison d'une dégradation de ses recettes, la Fédération Wallonie-Bruxelles terminera l'année 2019 sur un trou de 507 millions d'euros, soit bien davantage que les 192 millions de déficit prévu à l'initial. Pour 2020, le déficit programmé devrait même grimper à 708 millions d'euros. Elaboré dans des délais très courts par le nouveau gouvernement pour répondre aux exigences européennes, ce budget 2020 est en réalité une épure essentiellement technique, le ministre du Budget Frédéric Daerden (PS) ayant déjà programmé un ajustement précoce de nature politique dès le printemps prochain. Malgré cela, ce budget 2020 programme déjà 60 millions de dépenses supplémentaires pour la poursuite de la mise en oeuvre du Pacte d'excellence, 40 millions d'euros pour permettre à l'ONE de mettre en oeuvre la réforme annoncée des milieux d'accueil de la petite enfance, une revalorisation des subsides sociaux pour les Hautes écoles, ainsi que l'amorce d'un refinancement de l'enseignement supérieur à hauteur de 5 millions notamment. Devant les députés, M. Daerden a réitéré mercredi lors du débat en plénière la volonté de l'arc-en-ciel d'investir pour l'avenir, quitte à creuser davantage la dette financière de la Fédération. "Si on n'investit pas aujourd'hui, on va créer alors une dette sociale pour les générations futures", a plaidé le ministre, qui entend profiter des taux d'intérêt historiquement bas pour opérer les investissements nécessaires. L'ensemble de l'opposition PTB-cdH-DéFI a voté contre. Dénonçant notamment le délabrement des infrastructures scolaires, les frais de surveillance du temps de midi réclamés aux parents ou encore les étudiants non-finançables contraints de rembourser leurs allocations d'études, le PTB a dénoncé un "budget de la gestion de la misère". "Ce budget n'est pas à la hauteur de l'urgence sur le terrain", a notamment déploré la cheffe de groupe PTB, Alice Bernard. La cheffe de groupe cdH Alda Greoli a, elle, qualifié ce budget 2020 de "rendez-vous manqué", les réformes annoncées par la nouvelle majorité n'étant suivies d'aucune concrétisation, selon elle. Enfin, pour DéFI, Christophe Magdalijns s'est inquiété de la trajectoire budgétaire de la FWB, et son endettement qui devrait encore considérablement se creuser d'ici la fin de la législature. "Ce défaut de précaution met en danger notre institution", a-t-il jugé. Le budget de la Fédération est doté de quelque 11 milliards d'euros, dont les trois quarts servent à financer les politiques d'éducation et de recherche en Wallonie et à Bruxelles. Les salaires des enseignants captent à eux seuls la moitié du budget de l'entité. (Belga)

En raison d'une dégradation de ses recettes, la Fédération Wallonie-Bruxelles terminera l'année 2019 sur un trou de 507 millions d'euros, soit bien davantage que les 192 millions de déficit prévu à l'initial. Pour 2020, le déficit programmé devrait même grimper à 708 millions d'euros. Elaboré dans des délais très courts par le nouveau gouvernement pour répondre aux exigences européennes, ce budget 2020 est en réalité une épure essentiellement technique, le ministre du Budget Frédéric Daerden (PS) ayant déjà programmé un ajustement précoce de nature politique dès le printemps prochain. Malgré cela, ce budget 2020 programme déjà 60 millions de dépenses supplémentaires pour la poursuite de la mise en oeuvre du Pacte d'excellence, 40 millions d'euros pour permettre à l'ONE de mettre en oeuvre la réforme annoncée des milieux d'accueil de la petite enfance, une revalorisation des subsides sociaux pour les Hautes écoles, ainsi que l'amorce d'un refinancement de l'enseignement supérieur à hauteur de 5 millions notamment. Devant les députés, M. Daerden a réitéré mercredi lors du débat en plénière la volonté de l'arc-en-ciel d'investir pour l'avenir, quitte à creuser davantage la dette financière de la Fédération. "Si on n'investit pas aujourd'hui, on va créer alors une dette sociale pour les générations futures", a plaidé le ministre, qui entend profiter des taux d'intérêt historiquement bas pour opérer les investissements nécessaires. L'ensemble de l'opposition PTB-cdH-DéFI a voté contre. Dénonçant notamment le délabrement des infrastructures scolaires, les frais de surveillance du temps de midi réclamés aux parents ou encore les étudiants non-finançables contraints de rembourser leurs allocations d'études, le PTB a dénoncé un "budget de la gestion de la misère". "Ce budget n'est pas à la hauteur de l'urgence sur le terrain", a notamment déploré la cheffe de groupe PTB, Alice Bernard. La cheffe de groupe cdH Alda Greoli a, elle, qualifié ce budget 2020 de "rendez-vous manqué", les réformes annoncées par la nouvelle majorité n'étant suivies d'aucune concrétisation, selon elle. Enfin, pour DéFI, Christophe Magdalijns s'est inquiété de la trajectoire budgétaire de la FWB, et son endettement qui devrait encore considérablement se creuser d'ici la fin de la législature. "Ce défaut de précaution met en danger notre institution", a-t-il jugé. Le budget de la Fédération est doté de quelque 11 milliards d'euros, dont les trois quarts servent à financer les politiques d'éducation et de recherche en Wallonie et à Bruxelles. Les salaires des enseignants captent à eux seuls la moitié du budget de l'entité. (Belga)