La Commission européenne est attendue prochainement sur la "taxonomie verte", à savoir la reconnaissance par l'UE du caractère durable de certaines activités industrielles, afin d'orienter vers elles les investissements et flux financiers soutenus par des fonds publics dans le cadre du Pacte vert européen (neutralité carbone en 2050). Plusieurs pays de l'UE ont noué une alliance objective pour y inclure le gaz et le nucléaire, avec en tête de pont la France, dont le président Emmanuel Macron a rendu visite ce lundi à son "adversaire politique", le Hongrois Victor Orban, afin notamment de décrocher le soutien du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) au gaz et au nucléaire. "On croit rêver, on nage en plein délire", s'est exclamé M. Lamberts (Ecolo) à la tribune du Parlement européen, lors d'un débat avec Mme Von der Leyen. "C'est la crédibilité même du Green Deal européen qui est en jeu!" Le Belge a répété les arguments selon lesquels ces énergies ne pourraient être considérées comme durables. "Le cas du gaz devrait être le plus évident à régler. Même la très conservatrice Agence internationale de l'énergie créée en 1974 pour assurer la sécurité de nos approvisionnements en pétrole le dit clairement: si nous voulons tenir nos engagements climatiques, plus aucun investissement ne devrait être fait dans les énergies fossiles". Pour le nucléaire, il a rappelé les problèmes des déchets et de la sécurité (géologique ou terroriste), ainsi que les délais de construction et le coût, alors que se rapproche l'échéance de 2030. Le cas belge était en creux de son intervention. La Belgique a en effet prévu de construire de nouvelles centrales au gaz dans le cadre de sa sortie du nucléaire pour 2025, mais doit encore décider si elle ferme l'ensemble de ses réacteurs ou si elle en maintient deux. "Certes, il est des endroits où le recours au gaz, ou la prolongation de quelques réacteurs nucléaires sont considérés comme nécessaires pour assurer la soudure avec un monde du renouvelable et de la sobriété énergétique", a exposé M. Lamberts. Il dénonce à cet égard "une imposture intellectuelle": "certains voudraient nous faire croire qu'en excluant (ces énergies) de la taxonomie verte, cette soudure serait impossible. Ces investissements restent possibles ! Mais ils devront tout simplement être payés aux prix du marché, et ne pourront bien sûr pas bénéficier de fonds publics labellisés comme verts." Pour l'eurodéputé, "comme un label bio frelaté, inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie en ferait un label mort-né". Il a appelé Mme Von der Leyen à "résister" et se "tourner vers l'avenir". À l'issue d'un sommet européen en octobre, l'Allemande avait toutefois cité le nucléaire et le gaz naturel parmi les sources d'énergie du bouquet énergétique de demain, sans toutefois préciser s'ils seront considérés comme durables dans le cadre de la finance verte. Interrogé la semaine dernière en commission de l'Assemblée nationale française, le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en charge du Pacte vert, a déclaré que "le choix d'utiliser le nucléaire, ou pas, revient uniquement aux États membres, et la Commission soutiendra, supportera et aidera les États membres qui feront ce choix". (Belga)

La Commission européenne est attendue prochainement sur la "taxonomie verte", à savoir la reconnaissance par l'UE du caractère durable de certaines activités industrielles, afin d'orienter vers elles les investissements et flux financiers soutenus par des fonds publics dans le cadre du Pacte vert européen (neutralité carbone en 2050). Plusieurs pays de l'UE ont noué une alliance objective pour y inclure le gaz et le nucléaire, avec en tête de pont la France, dont le président Emmanuel Macron a rendu visite ce lundi à son "adversaire politique", le Hongrois Victor Orban, afin notamment de décrocher le soutien du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) au gaz et au nucléaire. "On croit rêver, on nage en plein délire", s'est exclamé M. Lamberts (Ecolo) à la tribune du Parlement européen, lors d'un débat avec Mme Von der Leyen. "C'est la crédibilité même du Green Deal européen qui est en jeu!" Le Belge a répété les arguments selon lesquels ces énergies ne pourraient être considérées comme durables. "Le cas du gaz devrait être le plus évident à régler. Même la très conservatrice Agence internationale de l'énergie créée en 1974 pour assurer la sécurité de nos approvisionnements en pétrole le dit clairement: si nous voulons tenir nos engagements climatiques, plus aucun investissement ne devrait être fait dans les énergies fossiles". Pour le nucléaire, il a rappelé les problèmes des déchets et de la sécurité (géologique ou terroriste), ainsi que les délais de construction et le coût, alors que se rapproche l'échéance de 2030. Le cas belge était en creux de son intervention. La Belgique a en effet prévu de construire de nouvelles centrales au gaz dans le cadre de sa sortie du nucléaire pour 2025, mais doit encore décider si elle ferme l'ensemble de ses réacteurs ou si elle en maintient deux. "Certes, il est des endroits où le recours au gaz, ou la prolongation de quelques réacteurs nucléaires sont considérés comme nécessaires pour assurer la soudure avec un monde du renouvelable et de la sobriété énergétique", a exposé M. Lamberts. Il dénonce à cet égard "une imposture intellectuelle": "certains voudraient nous faire croire qu'en excluant (ces énergies) de la taxonomie verte, cette soudure serait impossible. Ces investissements restent possibles ! Mais ils devront tout simplement être payés aux prix du marché, et ne pourront bien sûr pas bénéficier de fonds publics labellisés comme verts." Pour l'eurodéputé, "comme un label bio frelaté, inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie en ferait un label mort-né". Il a appelé Mme Von der Leyen à "résister" et se "tourner vers l'avenir". À l'issue d'un sommet européen en octobre, l'Allemande avait toutefois cité le nucléaire et le gaz naturel parmi les sources d'énergie du bouquet énergétique de demain, sans toutefois préciser s'ils seront considérés comme durables dans le cadre de la finance verte. Interrogé la semaine dernière en commission de l'Assemblée nationale française, le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en charge du Pacte vert, a déclaré que "le choix d'utiliser le nucléaire, ou pas, revient uniquement aux États membres, et la Commission soutiendra, supportera et aidera les États membres qui feront ce choix". (Belga)