Ce projet de décret, porté par le ministre en charge de l'Énergie, Jean-Luc Crucke (MR), vise à encadrer l'utilisation des compteurs intelligents, à piloter leur déploiement, à instaurer les bases pour davantage de flexibilité au niveau régional et à préciser certaines notions relatives aux bornes de recharge électrique.

Il prévoit notamment une installation systématique d'un compteur intelligent en cas de demande, de remplacement ou de nouveau raccordement ainsi que pour les clients résidentiels en défaut de paiement. Les premiers compteurs seront installés dès 2023 et d'ici à 2030, 80% des gros consommateurs - soit des utilisateurs consommant plus de 6.000kWh/an - et des citoyens producteurs d'énergie devront en être équipés.

Une dérogation sera toutefois possible pour les intolérants aux ondes, selon une procédure qui reste à déterminer. "Nous devons tenir compte du nouveau paysage de l'énergie, avec notamment une production décentralisée. Dans ce cadre, ces compteurs intelligents sont devenus inévitables", a commenté mardi Jean-Luc Crucke. "La Wallonie s'est désormais dotée d'un cadre et le secteur a été ciblé, les gros consommateurs étant les premiers à devoir être équipés de ces compteurs", a-t-il poursuivi en se félicitant par ailleurs de la mise en place d'un comité de suivi qui réunira les acteurs du secteur et des parlementaires régionaux. Des propos qui n'ont pas convaincu l'opposition, PS en tête qui a notamment regretté les "nombreuses incohérences" du projet soulignées par le Conseil d'État et le manque d'écoute de la société civile sur un texte "qui nécessite l'adhésion de la population".

"Des auditions ont été organisées et le ministre, à ce moment-là, s'est montré ouvert mais au final, la société civile n'a pas été suffisamment écoutée", a ainsi regretté Joëlle Kapompole. "Certes, il faut légiférer mais pour ce faire, il faut que tous les éléments soient sur la table", notamment en ce qui concerne le rapprochement entre ORES, le principal gestionnaire de réseau wallon, et Resa, le gestionnaire liégeois, a-t-elle ajouté en dénonçant en outre "le flou qui entoure ces compteurs communicants".

"Je tiens à cette appellation de compteurs communicants car pour l'instant, ils n'ont absolument rien d'intelligents. Il faut dire les choses comme elles sont et ne pas accepter la sémantique que l'on veut nous imposer", a conclu la parlementaire socialiste. Du côté d'Ecolo, enfin, Philippe Henry a pointé un "projet précipité, coûteux et très problématique". Les écologistes ne votent toutefois pas en commission. Le projet de décret reviendra sur la table du Parlement de Wallonie lors de la séance plénière du 18 juillet.