Lire également notre dossier consacré à la crise du coronavirus
...

Lire également notre dossier consacré à la crise du coronavirusDans beaucoup de secteurs économiques, il y aura un avant et un après Covid-19. L'immobilier, quand bien même est-il plus... immobile, à tout le moins plus lent que d'autres, sera impacté. Comment ? Il est trop tôt encore pour le dire. Sauf à se baser sur la manière dont les Belges ont vécu le confinement. Assistera-t-on à la fin du retour en ville prégnant ces dernières années ? La tendance ira-t-elle vers de plus grandes maisons et de plus grands jardins ? Et quid des prix ? Dans une étude portant sur les conséquences de la crise sanitaire sur la brique, le bureau d'expertise et de consultance anversois Stadim ne prévoit pas tant un rush sur les grands logements qu'une baisse de la demande pour les plus petites unités. Il reconnaît par ailleurs que la présence d'un espace extérieur qualitatif, déjà décisive par le passé dans toute recherche immobilière, le sera d'autant plus à l'avenir. De là à conclure à un exode urbain, il y a un pas que le bureau ne franchit pas. " L'isolement relatif en période de distanciation sociale et d'éventuels confinements successifs peut être ressenti de manière plus marquée dans les zones rurales ", indique Pieter Staelens, conseiller chez Stadim, qui précise que " cela dépend de la situation familiale et de la catégorie d'âge. Les jeunes familles vont peut-être commencer à travailler en partie à domicile, voudront être moins dépendantes des embouteillages, rechercheront davantage de verdure et d'espace, à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison ". Mais ce ne sera pas nécessairement le cas des personnes vivant seules, des moins mobiles ou des seniors. Pour le notaire hutois et porte-parole de la Fédération royale du notariat belge Renaud Grégoire, ce n'est pas tant le confinement qui aura un impact sur les souhaits immobiliers des Belges et le duel " ville ou campagne " que les règles sanitaires et de distanciation sociale. " Je pense que le problème de la promiscuité est beaucoup plus sensible pour qui vit en appartement que l'absence de jardin. Partager le même immeuble et donc, les mêmes hall d'entrée, escalier ou ascenseur implique de toucher la même poignée de porte, de se tenir à la même rampe ou d'appuyer sur les mêmes boutons d'appel que ses voisins. " D'après le notaire, cette dimension en interpelle plus d'un actuellement, " surtout si ce virus en annonce d'autres. Les gens vont y réfléchir à deux fois, singulièrement s'ils sont amenés à changer de logement. L'option d'une maison sera tentante. " En l'occurrence, non pas la villa quatre-façades plantée sur son grand terrain et coupée du monde, " qui n'était déjà plus un idéal pour de nombreux candidats-acquéreurs avant la crise ", oppose Renaud Grégoire, mais plutôt la petite maison de rangée, de ville et de village, ou la maison deux ou trois façades clé sur porte dans un nouveau quartier. L'autre impact majeur de la pandémie sur la brique se marquera, toujours d'après le notaire, particulièrement sur le segment de l'immobilier de loisir. " J'y avais déjà réfléchi avant l'apparition du coronavirus, mais le problème s'est posé clairement avec la fermeture des frontières : l'achat d'une seconde résidence dans un pays plus éloigné comme la Grèce, le Portugal, l'Italie ou l'Espagne dépend de la possibilité de pouvoir prendre l'avion aisément et à moindre coût pour s'y rendre. Quand on sait que cette crise s'est répandue d'un pays à l'autre via des populations voyageant en avion et, au vu des difficultés financières dans lesquelles sont empêtrées aujourd'hui les compagnies aériennes, rien n'est moins sûr à l'avenir. " Pour preuve, Renaud Grégoire se fait l'écho de dossiers d'acquisition d'un pied-à-terre au soleil presque tous gelés au sein de son étude. " L'alternative de l'achat d'une maison en Ardenne ou d'un appartement à la Côte paraît plus judicieuse, ce qui ne manquera pas d'influer sur leur prix, à la hausse. " Plus généralement, les Belges ayant l'habitude de passer leurs vacances dans des destinations lointaines et exotiques seront, eux aussi, susceptibles de devoir se rabattre sur le plat pays. " Et comme on ne pourra pas profiter de la mer du Nord ou de l'Ardenne tous en même temps, l'importance de se sentir bien chez soi se fera sans doute ressentir dès cet été ", avance Me Grégoire. D'où le fait que certains préparent déjà leurs vacances à la maison en s'offrant une piscine, par exemple. Après une excellente année 2019, les constructeurs de piscines ont enregistré un boom de 21 % de leurs carnets de commandes entre janvier et la mi-mars...