Arithmétiquement, ce texte a de grandes chances de passer, puisqu'il a été réclamé par 237 des 465 élus, alors qu'une majorité de 233 députés suffit pour qu'il soit adopté. Toutefois les tractations en coulisses rendent l'issue du vote incertaine et pourraient permettre à l'exécutif de survivre. "Le gouvernement n'a plus de majorité, ni de légitimité", a lancé Raluca Turcan, une représentante de l'opposition, accusant le parti social-démocrate (PSD) de "s'agripper au pouvoir pour continuer à siphonner des fonds publics". "Cette motion n'a aucune chance de passer, le gouvernement restera en fonction", a répliqué la première ministre Viorica Dancila. Son exécutif, en place depuis janvier 2018, accumule spectaculairement les revers, depuis l'incarcération en mai dans une affaire d'emplois fictifs du puissant chef du PSD Liviu Dragnea. Devenu minoritaire depuis le départ fin août des ministres centristes de l'Alde, il est désormais très affaibli face au camp du président libéral (PNL) Klaus Iohannis. L'opposition a recueilli les signatures d'une majorité des députés et sénateurs grâce à la défection de plusieurs élus sociaux-démocrates en rupture de banc et au ralliement d'une petite formation issue du PSD, ce qui lui permet d'inscrire à l'agenda un vote périlleux pour le PSD, qui veut se maintenir au pouvoir sans majorité parlementaire. Absence d'investissements dans les infrastructures, endettement excessif, utilisation inefficace des fonds structurels européens: le gouvernement a "agi contre les intérêts de la Roumanie", devenue "l'Etat le plus vulnérable au sein de l'UE", accuse le texte de la motion. Cette motion pourrait avoir un impact direct sur la campagne présidentielle, dont le premier tour est prévu le 10 novembre et auquel Mme Dancila est candidate. "Si elle échoue à se maintenir au pouvoir, elle s'effondrera complètement car les maires du PSD ne se mobiliseront plus pour elle", estime l'éditorialiste Ioana Ene Dogioiu du site d'information ziare.com. Les sondages permettent au chef de l'État sortant d'espérer être reconduit, tandis que la première ministre pourrait être disqualifiée dès le premier tour. Ce serait une première pour le PSD, incontournable depuis la chute du régime de Nicolae Ceausescu en 1989. (Belga)