La présence des diasporas africaines dans le Musée royal de l'Afrique centrale (1) a engendré une critique postcoloniale nécessaire mais cela, sans rien changer de la colonialité caractérisant les rapports de la Belgique à ses anciens colonies/protectorats. Le message institutionnel est: "Nous impliquons bel et bien les populations originaires des pays d'où viennent les collections." L'implication des diasporas leur permettrait ainsi de se réapproprier un patrimoine culturel présenté comme partagé. Multipliant ce type de collaborations, le musée a scellé le sort de la restitution: il troque une restitution physique et politique contre une restitution virtuelle et symbolique. Je soutiens l'idée que la participation des diasporas au sein du musée cessera de se voir instrumentalisée le jour où elle arrêtera de servir les intérêts d'une politique de non-restitution. Mais quels sont, au juste, les freins à cette restitution?
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