"Il y a dans cet accord de majorité un registre de langage qui ne dit pas la réalité de ce qui sera. On parle ainsi d'+abroger+ le décret Inscriptions, mais la base du décret actuel fera visiblement toujours partie du prochain", note Bernard Hubien, secrétaire-général de l'Ufapec. "Le formulaire unique d'inscription, le période commune d'inscription, seront ainsi préservés, ce qui est une bonne chose. Les 20% de places réservées aux élèves à indice socio-économique faible sont aussi maintenus. Pour le reste, cela reste assez flou. Je ne vois pas trop à ce stade vers quoi l'on va". La déclaration de politique communautaire (DPC) présentée lundi par les coalisés ne dit pas grand choses des futures modalités d'inscriptions, sinon qu'ils comptent donner plus de poids au libre-choix des parents, laissant ainsi entrevoir l'abandon des critères géographiques aujourd'hui prépondérants pour l'attribution des places. Pour les détails concrets, la future majorité chargera un groupe d'experts de formuler des propositions concrètes. "Il faudra voir qui l'on met dans ce groupe d'experts. Il ne faudrait pas que ce soient des techniciens des algorithmes! ", presse l'Ufapec, qui espère bien obtenir une place dans ce groupe de réflexion. L'association recommande à la future majorité de bien prendre le temps nécessaire afin de mûrir la réflexion pour cette nouvelle révision du décret Inscriptions, qui en sera ainsi à sa quatrième mouture depuis 2007. Quant au reste du volet enseignement obligatoire de la DPC, l'Ufapec y voit des choses positives, comme le maintien de la dynamique créée autour du Pacte d'excellence, mais aussi des éléments négatifs, comme le maintien du caractère certificatif du CEB (que les élèves devront continuer à réussir pour passer des primaires vers le secondaire, ndlr). "Alors qu'on dit vouloir créer un tronc commun jusqu'en 3e secondaire, on va maintenir avec ce CEB une rupture symbolique du continuum pédagogique. Cela ne privilégie pas la réussite scolaire car cela crée une pression très importante sur les élèves", selon M. Hubien. Quant à la pénurie préoccupante d'enseignants, l'accord de majorité n'apporte "rien de neuf", analyse l'Ufapec. "On annonce une modification du décret Titres et Fonctions, mais il a déjà été assoupli par la ministre (précédente Marie-Martine) Schyns". Du futur ministre de l'Education (dont le nom devrait être connu vendredi, ndlr), les parents du libre attendent en tout cas beaucoup d'humilité pour "qu'il n'ait pas la tentation de vouloir absolument accrocher son nom à l'une ou l'autre réforme". (Belga)