Les membres de la rédaction se sont réunis mardi après le refus de la direction des Editions de l'Avenir de revoir les conditions de départ des journalistes dans le cadre du plan de restructuration du média, propriété du groupe Nethys. Une centaine de journalistes étaient présents. Le principe de faire grève a été voté à la quasi-unanimité - moins trois votes "contre" et six abstentions. Parmi les autres mesures décidées, des "actions collectives" ont été approuvées à l'unanimité et la motion de méfiance envers le directeur des rédactions, Philippe Lawson, a fait l'objet d'un nouveau vote, qui s'est soldé par une quasi-unanimité - moins trois abstentions.

Les délégués de l'Association des journalistes professionnels (AJP) ont été mandatés pour organiser "des actions classiques et créatives" mais les contours de celles-ci doivent encore être déterminés, a précisé à Belga une source interne. Les journalistes demandent à la direction de respecter la convention d'entreprise sur le travail et la rémunération des journalistes, ce qui aurait pour effet d'améliorer de 2% les conditions de départ en RCC (régime de chômage avec complément d'entreprise).

La direction des Editions de l'Avenir refuse, arguant que l'AJP conteste le plan social approuvé en décembre par 84% du personnel. Or l'AJP, représentée durant les négociations avec les syndicats uniquement en tant qu'observatrice, n'a pas signé ce plan "négocié à la hussarde", a rappelé lundi le journaliste Philippe Leruth, par ailleurs président de la Fédération internationale des journalistes, sur son blog. De plus, le personnel en a approuvé uniquement le principe, pas le contenu. Revendiquer le respect d'une convention est un droit et non un privilège, argumentent encore les représentants des journalistes.

En décembre, le personnel et la direction des Editions de l'Avenir se sont accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, dont 31,74 au sein de la rédaction du média. Les candidats au départ ont jusqu'à jeudi minuit pour se faire connaître. Mais il apparait qu'ils sont très peu nombreux parmi les membres de la rédaction. La direction envisage donc de procéder à des licenciements secs. Les représentants du personnel l'accusent d'avoir élaboré de longue date une "liste noire" pour écarter les journalistes qui la gênent, ce qu'elle dément.