Au cours des cinq dernières années, le pays du Tigre et de l'Euphrate a traversé l'une des pires crises humanitaires au monde. Près de six millions de personnes ont fui pendant cette période et 1,8 million d'entre elles sont encore déplacées à l'heure actuelle. Dans le cadre d'une visite belgo-européenne, le ministre De Croo et le commissaire européen Christos Stylianides se sont rendus dans le camp de réfugiés d'Hammam el-Alil. Au total, 35.000 personnes y vivent dans des conditions précaires. Le camp est composé de deux parties: l'une sous la supervision des Nations Unies et l'autre sous celle du gouvernement irakien. "Les services offerts sont très basiques", a reconnu Mohammed Ali de l'Unicef. "Mais si ces gens viennent ici, c'est parce qu'ils trouvent de meilleures installations à leur disposition qu'ailleurs", poursuit-il. Bien que la situation dans la région soit de plus en plus stable, beaucoup de personnes hésitent encore à regagner leur foyer à Mossoul, ajoute Maulid Warfa, également de l'Unicef. "La reconstruction et le processus de réconciliation dans l'ouest de la ville sont particulièrement lents", précise-t-il. De nouvelles arrivées ont par ailleurs encore lieu à Hamam el-Alil. Ce sont notamment des familles qui ne sont plus acceptées au sein de leur communauté, souvent car l'un de leurs membres a été associé à l'EI. La situation dans ce camp démontre que la libération de Mossoul et la chute du califat n'ont pas permis de résoudre tous les problèmes auxquels est confrontée la population irakienne, a souligné M. De Croo. "Vaincre l'EI, c'est une chose. Reconstruire et permettre aux gens de vivre à nouveau ensemble est aussi crucial que ne l'était la lutte militaire. Si ce n'est pas mené à bien, les mêmes conflits pourraient ressurgir dans les cinq ans", a-t-il conclu. (Belga)