Au cours des mois passés, les 15 chercheurs des universités de Louvain et Gand ont passé en revue la politique menée par la Belgique en matière de cannabis. Dans leur rapport, ils concluent que cette gestion est basée sur des motifs honorables, mais a échoué dans ses objectifs principaux. "Le nombre de consommateurs dépendants augmente, de même que les conséquences négatives pour la société", affirme Letizia Paoli, professeure de criminologie et coordinatrice du groupe de travail sur la politique liée au cannabis de la KUL.

Les chercheurs sont convaincus que la réponse belge est un échec. "L'approche répressive a uniquement mené à un déplacement géographique et à l'émergence d'entrepreneurs criminels, qui offrent de manière presque professionnelle du cannabis", analyse Mme Paoli. "En outre, aucun contrôle n'est possible sur la qualité et la puissance, avec toutes les conséquences que cela suppose sur la santé publique".

Ce jeudi également, La Libre Belgique rapporte que le nombre de procès-verbaux dressés à Bruxelles pour détention de cannabis a augmenté. Sur l'ensemble de l'année 2016, 5.902 PV ont été ré­digés en Région bruxelloise, contre 5.685 en 2015, selon des chiffres communiqués par le ministre-­président Rudi Vervoort (PS) en réponse à une interpellation du député Julien Uyttendaele (PS).

Le député s'étonne qu'une très large majorité de ces procès-­verbaux (5.168) sont relatifs à des faits de simple détention de drogue, et que seulement 505 concernent des faits de vente. 47 portent sur des faits qualifiés d'aide à la consommation. Les autres PV concernent: 113 faits d'import-export, 41 de fabrication et 28 faits qualifiés "autre".

Pour M. Uyttendaele aussi, la politique prohibitionniste actuelle est né­faste. "Ces chiffres permettent de constater des mesures de répression grandissantes alors que le gouvernement devrait offrir son aide dans une logique de sé­curité, de prévention et de réduction des risques, déplore le dé­puté. La pénalisation liée à la possession et à la consommation du cannabis est contre-­productive et ne sera jamais un remède à ces problèmes sociétaux. Une vision humaine écartant la punition serait plus pertinente", recommande-t-il dans le quotidien.