"Toute personne s'engageant ou s'associant de quelque manière que ce soit dans les activités du Mouvement Islamique du Nigeria (IMN ou MIN), sera considérée comme terroriste, ennemi de l'Etat, et comme un élément subversif qui devra comparaître devant la justice", a déclaré Mohammed Adamu lors d'une réunion avec de hauts responsables de la police à Abuja. "Toute forme de procession ou de manifestation organisée par l'IMN est désormais illégale et interdite", a-t-il martelé dans un discours dont l'intégralité a été publiée sur la page Facebook officielle de la police nationale. "Nous demandons le soutien du public pour nous aider à identifier les lieux où se trouvent des membres de l'IMN et ceux qui les soutiennent", a déclaré M. Adamu. La présidence nigériane a annoncé dimanche l'interdiction totale pour "terrorisme et activités illégales" de l'IMN, un mouvement chiite radical, après une série de manifestations meurtrières dans la capitale Abuja. Au moins six manifestants, un journaliste et un policier ont été tués le 22 juillet dans des violences qui ont éclaté pendant une marche organisée pour demander la libération du chef de l'IMN, Ibrahim Zakzaky, dont le procès, qui devait se tenir lundi, a été une nouvelle fois ajourné, au 5 août. Ses avocats demandent sa libération sous caution arguant que son état de santé "très mauvais" nécessite qu'il se rende à l'étranger pour se soigner. L'IMN revendique des millions de fidèles dans le nord du Nigeria, dont l'immense majorité est sunnite. Zakzaky est détenu depuis décembre 2015 après que des violences avaient éclaté pendant une procession religieuse. L'armée avait tiré, faisant plus de 350 morts, pour la plupart des chiites non armés, selon des organisations de défense des droits humains. Fin 2016, un tribunal fédéral avait jugé la détention d'Ibrahim Zakzaky illégale et ordonné sa libération. Mais cette décision n'a jamais été exécutée. L'IMN, né en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite. (Belga)