Les pays membres de l'Otan sont parvenus à un accord qui permet aux Etats-Unis de réduire leur contribution au budget de fonctionnement de l'Alliance. La France refuse toutefois de participer à l'effort demandé, ont annoncé jeudi plusieurs responsables de l'Alliance. Les Etats-Unis paient actuellement 22,1% du budget de l'Otan --qui s'élève à 2,5 milliards de dollars (2,37 milliards d'euros) en 2019 -- et l'Allemagne 14,7%, selon une formule fondée sur le revenu national brut de chaque pays. La France contribue pour 10,5% du budget. L'accord scellé jeudi permet aux Etats-Unis de réduire leur contribution à 16,35% du total. L'Allemagne portera la sienne au même niveau, et les autres alliés, dont la Belgique, acceptent de payer davantage. La modification des clés de répartition financière au sein de l'Otan (pour les trois budgets: civil, militaire et infrastructures) impliquera ainsi pour la Belgique un coût annuel de 3,5 millions d'euros, provenant des Affaires étrangères et de la Défense (et largement imputables aux "dépenses de défense" dans le calcul fait par l'Otan). Le refus de la France de s'associer à cet accord a cependant contraint les autres alliés à revoir la clef de répartition de l'effort, ont expliqué des responsables de l'Alliance. Les 29 pays de l'Otan s'étaient engagés en 2014 à porter leurs dépenses pour la défense à 2% de leur PIB à l'horizon 2024. Huit sont à ce niveau de dépenses en 2019: les Etats-Unis, la Grèce, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, le Royaume-Uni, la Roumanie et la Pologne. La France assure qu'elle atteindra l'objectif en 2025 mais l'Allemagne est, elle, à la traîne. Elle s'engage à l'atteindre "au début de la décennie 2030". Son budget pour la défense a été augmenté et devrait se monter à 50,3 milliards d'euros en 2020, soit 1,42% de son PIB. (Belga)