Dix partis sont en lice pour former un gouvernement fédéral : les familles libérales, socialistes, chrétiennes-démocrates et vertes, complétées par la N-VA et Défi. Paul Magnette, président du PS, continue de peaufiner sa mission d'information. Il devrait retourner au Palais lundi prochain.

Officiellement, tout commence à partir de thèmes politiques clairement définis. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il est temps d'entamer la course politique. "Nous devons d'abord poser des fondations solides, puis continuer à construire pierre par pierre ", a déclaré Magnette.

Mais plusieurs partis se sont exprimés d'une manière ou d'une autre sur un parti en particulier : la N-VA. Aperçu.

Le 20 novembre: le MR

Georges-Louis Bouchez, le grand favori à la présidence des libéraux francophones, répète un mantra souvent entendu : "PS et N-VA doivent prendre leurs responsabilités", tweete-t-il, "mais", ajoute-t-il, "on va pas tuer le Pays pour y arriver si impossible. Je veux des réformes économiques, mais je tiens en (sic) mon Pays et notre responsabilité est de le préserver."

Le 19 novembre: Défi

"Si le gouvernement arc-en-ciel prend forme, Défi pourrait jouer un rôle ", déclare son président Olivier Maingain à Knack. "Nous voulons prendre nos responsabilités." Défi dispose de deux sièges à la Chambre. Dans la formule arc-en-ciel, chaque siège compte, et Maingain le sait.

Le 19 novembre : le cdH

Catherine Fonck, présidente du groupe parlementaire à la Chambre, souligne sur la chaîne d'information LN24 que " notre projet est un projet sans les nationalistes ". Les chrétiens-démocrates francophones sont donc disponibles pour lancer la formation, mais sans la N-VA.

Le 18 novembre: le CD&V

Une coalition violet-jaune est, et reste, la préférence officielle au siège de CD&V. Mais certains démocrates-chrétiens changent d'avis. "Nous n'allons pas laisser le N-VA prendre la formation en otage", déclare un député à Knack.

Selon les rapports, les ténors du parti - Koen Geens, Hilde Crevits et Wouter Beke - sont prêts à lâcher la N-VA. Pour l'instant, il semble que la fraction CD&V du Parlement flamand ne partage pas cet avis. Les chrétiens-démocrates estampillés ACW (plus progressifs) y sont moins nombreux. De plus, ce groupe forme une majorité avec les collègues de la N-VA et de l'Open VLD. Les chrétiens-démocrates qui siègent au gouvernement flamand seraient donc plus enclins à rester proches de la N-VA.

Le 18 novembre: l'Open VLD

La présidente Gwendolyn Rutten a exprimé son soutien à Magnette sur Twitter. "La tâche est difficile, mais l'informateur Paul Magnette prend les choses au sérieux. C'est nécessaire. Notre pays mérite un gouvernement qui retrousse les manches."

Selon l'Open VLD, il n'y a pas de préférence pour telle ou telle coalition. Mais jusqu'à présent, Rutten n'a jamais été aussi farouchement opposé à l'arc-en-ciel que son chef de groupe fédéral Egbert Lachaert. Il avait dit que la coalition arc-en-ciel ne serait possible que si le parti Ecolo "brûlait rituellement" son programme économique. Selon Het Nieuwsblad a noté le 13 novembre que la déclaration de Lachaert est toutefois qualifiée de "boutade" au sein du parti.

Le 18 novembre: la N-VA

La N-VA se fait également entendre. Theo Francken adapte le tweet de Gwendolyn Rutten. "Notre pays mérite un gouvernement qui travaille fort... ...et qui ne va pas dans nos poches flamandes." Cette intervention, combinée à quelques campagnes Facebook contre Magnette, fait froncer les sourcils. La N-VA est-elle déjà en mode opposition ?

Pour la N-VA, "le CD&V et l'Open VLD ont les clés de la formation du gouvernement"

Les clés de la formation d'un gouvernement fédéral sont dans les mains du CD&V et de l'Open Vld, a affirmé jeudi le vice-président de la N-VA, Lorin Parys, dans l'émission de Ochtend sur Radio 1. "Ils peuvent opter pour l'arc-en-ciel que souhaite Paul Magnette ou, au contraire, pour une coalition de centre-droit qui a une majorité en Flandre", a-t-il dit.

En tous les cas, il est faux de dire que la N-VA, 6 mois après les élections, a choisi l'opposition, a assuré Parys. "Avec le mandat que nous ont donné les électeurs, nous continuons à tenter de rendre possible une politique de centre-droit. Nous participons aux discussions pour qu'un accord soit possible mais dire que c'est compliqué, c'est un euphémisme", a-t-il ajouté.

Selon la N-VA, Paul Magnette n'a jamais caché sa volonté de former une coalition arc-en-ciel, ce qui implique que le CD&V et l'Open Vld doivent aujourd'hui choisir de monter - ou pas - dans un tel attelage.

"On sait ce qu'il se passera dans un gouvernement de ce type: les Flamands payeront pour les choix du PS. Nous voulons éviter que de nouvelles taxes soient supportées par le nord du pays et le seul moyen d'y arriver, c'est un gouvernement avec une majorité en Flandre", a souligné le vice-président de la N-VA.

La possibilité d'une coalition majoritaire au Nord dépend de la N-VA, lui a rétorqué, dans la même émission, Sammy Mahdi, le candidat à la présidence du CD&V. "Notre point de vue est clair: nous travaillons à un gouvernement qui, de préférence, aura une majorité flamande mais que cet exécutif soit mis sur pied, ça ne dépend pas de nous mais bien de la N-VA. J'espère qu'elle prendra ses responsabilités car nous avons besoin de la N-VA pour avoir une majorité côté flamand", a précisé M. Mahdi.

"Je ne peux qu'espérer que la N-VA se montre constructive, cesse de parler de 'grand canyon' entre elle et le PS et arrête les petits jeux de la campagne qui s'est clôturée le 26 mai. Dans ces conditions, je ferai front avec ceux qui veulent collaborer à la formation d'un gouvernement fédéral", a-t-il poursuivi.

Que la balle se trouve dans le camp des nationalistes flamands - et dans celui du PS - c'est aussi l'avis d'Eric Van Rompuy (CD&V). "La N-VA et le PS doivent prendre les choses en main, la situation budgétaire l'exige. Ce n'est pas au CD&V et ses 12 députés à la Chambre de jouer les arbitres, il ne nous appartient pas de sauver le pays", a-t-il ainsi déclaré dans Matin Première sur la RTBF. "Je ne vois aucun signe permettant de croire que nous sommes prêts à entrer dans une négociation pour former un gouvernement arc-en-ciel. On ne va pas se suicider en nous aventurant dans un gouvernement de gauche", a-t-il conclu.