Le sociologue Bart Meuleman (KU Leuven) se dit étonné par les résultats d'une étude sur les attitudes politiques et sociales des Belges, où 700 électeurs flamands ont été sondés sur leurs préjugés à l'égard des Belges francophones et des migrants. Un petit sondage, mais un bon reflet des électeurs flamands, explique Meuleman : "Les participants ont été tirés au sort, et nous avons corrigé le panel sur la formation, le sexe et l'âge." Pourquoi est-il si étonné ? "Je ne m'attendais pas à ce que le sentiment anti-wallon soit si grand en Flandre. 50% des participants trouvent par exemple que les Wallons abusent de la sécurité sociale et pour 20% d'entre eux, la plupart des Wallons ...

Le sociologue Bart Meuleman (KU Leuven) se dit étonné par les résultats d'une étude sur les attitudes politiques et sociales des Belges, où 700 électeurs flamands ont été sondés sur leurs préjugés à l'égard des Belges francophones et des migrants. Un petit sondage, mais un bon reflet des électeurs flamands, explique Meuleman : "Les participants ont été tirés au sort, et nous avons corrigé le panel sur la formation, le sexe et l'âge." Pourquoi est-il si étonné ? "Je ne m'attendais pas à ce que le sentiment anti-wallon soit si grand en Flandre. 50% des participants trouvent par exemple que les Wallons abusent de la sécurité sociale et pour 20% d'entre eux, la plupart des Wallons sont paresseux."Les chercheurs ont également sondé l'attitude des Flamands à l'égard des migrants, qui révèle une image encore plus négative : d'après 60% des personnes interrogées, ils abusent de la sécurité sociale. 47% se disent d'accord avec l'affirmation : "L'état fait plus pour les migrants que pour les Flamands." Remplacez migrants par Wallons, et 33% partagent cet avis.Un tiers des répondants trouvent finalement que les migrants "en général" ne sont pas fiables, et pour 10% c'est également le cas des Wallons. C'est un schéma clair dans l'étude, explique Meuleman : "Les Wallons et les migrants appartiennent au 'band of others' - un terme sociologique pour les personnes qui tombent en dehors de leur cercle. Mais les sentiments sont les plus véhéments à l'égard des migrants." Il est frappant que les sentiments négatifs soient parallèles (celui qui est anti-wallon adoptera probablement une attitude négative à l'égard de migrants), mais ne soient pas forcément alimentés par les mêmes éléments. Meuleman : "Les sentiments anti-wallons sont animés par l'économie, ceux contre les migrants sont aussi économiques que culturels. 51% voient les migrants comme une menace pour leur culture et leurs habitudes bien que 47% considèrent les "autres cultures" comme enrichissantes. Cela semble contradictoire, mais beaucoup assimilent 'migrant' à 'islam' et contrairement à d'autres cultures, ils trouvent manifestement que l'islam est incompatible avec nos normes et valeurs."Selon Meuleman, le fait que l'aversion envers francophones soit moins culturelle est facile à expliquer. "La sécurité sociale belge et l'État-providence font que les Wallons et les Flamands partagent un espace socio-économique. Culturellement ce n'est pas le cas : nous lisons d'autres livres et journaux, nous regardons d'autres JT et nous n'écoutons pas la même musique." Meuleman voit cette thèse confirmée par les réponses à cette assertion : "Les francophones menacent notre culture et nos habitudes dans la périphérie bruxelloise." 40% sont d'accord, 30% non. Pour 43% des Flamands interrogés, la culture francophone est un enrichissement pour la Flandre, mais à Bruxelles elle devient une menace. "C'est logique, c'est le seul lieu en Belgique où les néerlandophones et les francophones mènent encore une lutte culturelle."Il y a, conclut Meuleman, deux éléments qui attisent la négativité envers les autres : une institution autoritaire et la victimisation - le sentiment d'être désavantagé par rapport à d'autres. "Celui qui combine ces deux éléments, risque fort de penser que le Bruxellois francophone nous prend notre culture, le Wallon notre argent et le migrant les deux à la fois."