"Des magistrats de référence travaillent depuis longtemps sur la question, tant en ce qui concerne les majeurs que les mineurs. Il existe également des directives claires en la matière qui ont été renvoyées mais il s'agit d'une problématique complexe qui concerne des personnes en situation de grande vulnérabilité", a-t-elle précisé.

Bianca Debaets, Secrétaire d'Etat bruxelloise de l'Egalité des Chances, a estimé samedi dernier dans les journaux de Mediahuis que le nombre de mendiants à Bruxelles, sur les grands boulevards et dans leurs alentours, augmentait sans cesse. Il y a un mois, l'échevine bruxelloise de la Mobilité Els Ampe (Open VLD) avait déjà tiré la sonnette d'alarme via un post Facebook et reprochait au parquet de Bruxelles de ne notamment rien entreprendre à l'encontre de Roms qui exploitent des enfants pour mendier. Cet aspect est néanmoins contredit par le parquet de Bruxelles.

"La mendicité n'est pas punissable en soi mais le parquet peut toutefois intervenir en cas de faits potentiels de trafic d'êtres humains ou si des mineurs sont concernés. Inciter des mineurs à commettre des délits est en revanche punissable par la loi mais quand il s'agit uniquement de mendicité, la voie judiciaire n'est pas toujours évidente", a justifié Ine Van Wymersch. "Nous pouvons bien entendu vérifier si la situation familiale de l'enfant impliqué est inquiétante ou non, s'il est par exemple en bonne santé et s'il est bien traité. Nous pouvons placer l'enfant et poursuivre ses parents. Lorsqu'il s'agit de mineurs non accompagnés parce que l'adulte n'est par exemple par son père ou sa mère, nous contactons le service de tutelle", a-t-elle poursuivi.

La semaine dernière, la police locale de Bruxelles a, selon le parquet, procédé à plusieurs actions de contrôle mais il est apparu que tous les enfants contrôlés à cette occasion, étaient en bonne santé, en compagnie de leur mère et n'étaient pas soumis à l'obligation scolaire.

"Si à la mendicité s'ajoute la suspicion de trafic d'êtres humains, nous essayons de rassembler le plus d'informations possible sur l'organisation criminelle qui se trouve derrière. En ce qui concerne les personnes victimes de trafic, nous travaillons avec les organisations existantes d'aide aux victimes", a encore indiqué Ine Van Wymersch.

En 2015, le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé des peines de prison de 5 ans à l'encontre de quatre membres d'une famille roumaine qui obligeaient des handicapés roumains issus de familles pauvres ou séparées, et leur promettaient monts et merveilles. Une fois arrivés en Belgique, ils étaient contraints de mendier et les suspects leur confisquaient leurs gains.