"C'est une manoeuvre pour étouffer" l'affaire, a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, en citant le signalement du lanceur d'alerte publié jeudi par le Congrès. "Le président des Etats-Unis a, dans ces actes, au cours d'un appel téléphonique avec un chef d'Etat, trahi le serment prêté pour ses fonctions, notre sécurité nationale, et l'intégrité de nos élections", a-t-elle accusé. Le signalement porte sur un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien datant du 25 juillet, lors duquel le président américain a demandé à M. Zelensky d'enquêter sur son rival politique Joe Biden, candidat à la primaire démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2020, et son fils Hunter, qui a travaillé à partir de 2014 au sein d'un groupe gazier ukrainien. En réaction à cet appel, Mme Pelosi a annoncé mardi le lancement d'une procédure de destitution contre Donald Trump. Une initiative rare dans l'Histoire américaine. "Certains dans notre groupe parlementaire disent +votons directement+" sur une mise en accusation ("impeachment"), a-t-elle déclaré avant d'y répondre: "Non, nous devons mener une enquête pour clarifier les faits. Nous ne devons pas nous précipiter sur les conclusions. (...) Mais chaque jour, la tristesse grandit à mesure que le mépris de notre président pour la Constitution devient plus évident". La sénatrice progressiste Elizabeth Warren a elle affirmé qu'elle ferait "ce que la Constitution exige" s'il revenait au Sénat de voter sur la destitution de Donald Trump. Cette procédure a pour l'instant peu de chances d'aboutir compte tenu du soutien dont bénéficie Donald Trump chez les sénateurs républicains, majoritaires à la chambre haute. "Donald Trump a sollicité une ingérence étrangère dans nos élections depuis le Bureau Ovale. Il a tenté d'étouffer ses actes. Et les responsables qu'il a nommés sont intervenus, illégalement, pour tenter de retenir le signalement du lanceur d'alerte", a tweeté Mme Warren. Également candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, le sénateur indépendant Bernie Sanders et l'ex-ministre de Barack Obama Julian Castro, ont aussi dénoncé une "manoeuvre pour étouffer" les traces de cette conversation, "orchestrée par la Maison Blanche" selon ce dernier. (Belga)