Chaque année pourtant, la pollution de l'air est la cause de plus de 400.000 décès prématurés à travers l'Union, ce qui la place en première position des facteurs environnementaux de risque pour la santé des habitants du continent. En comparaison à ces plus de 1.000 décès prématurés par jour à travers l'UE, les chiffres des morts liés aux accidents de la route sont bien loin derrière. "Au cours des dernières décennies, les politiques de l'UE ont contribué à faire diminuer les émissions, mais la qualité de l'air ne s'est pas améliorée au même rythme, et l'impact sur la santé publique reste considérable", peut-on lire dans le rapport. La baisse des émissions totales n'a en effet pas forcément entraîné une réduction similaire au niveau des concentrations en polluants atmosphériques aux endroits les plus sensibles. Et pour cause: la législation européenne "n'est pas centrée sur la réduction des émissions aux endroits où les effets de la pollution atmosphérique sur la population, ou les concentrations en polluants, sont les plus élevés". Elle rate donc en partie l'objectif recherché au niveau de l'amélioration pour la santé du plus grand nombre. "Les normes de qualité de l'air de l'UE ont été fixées il y a près de 20 ans (...) certaines d'entre elles sont à la fois nettement moins strictes que les lignes directrices de l'OMS et trop peu contraignantes au regard des dernières données scientifiques", écrivent encore les auditeurs. L'UE a notamment défini des valeurs limites de concentration en polluants dans l'air, mais aussi l'obligation dans chaque Etat de mesurer la pollution dans des "zones de contrôle", dont les données doivent être transmises annuellement à l'Europe. En réalité, une grosse majorité des Etats membres ne respecte pas ces limites. En 2016, il n'y en avait que 6, sur 28, qui n'ont dépassé les valeurs limites ni pour les particules, ni pour le dioxyde d'azote ni pour le dioxyde de soufre: l'Estonie, l'Irlande, Chypre, la Lettonie, la Lituanie et Malte. La Belgique était en infraction en ce qui concerne le dioxyde d'azote. Au niveau des contrôles prévus, cela coince aussi: les auditeurs notent, parmi d'autres critiques, qu'il "n'existe pas de garanties suffisantes que les États membres mesurent la qualité de l'air là où il faudrait le faire". Comme les critères fixés manquent de précision, "les États membres ne mesurent pas nécessairement les concentrations en polluants à proximité des grands sites industriels ou des principales voies de circulation urbaines", ce qui édulcore les résultats. Ce dernier point n'est pas sans rappeler l'imbroglio bruxellois autour de la station de mesure installée à Arts-Loi. "En 2009, la station de surveillance a été mise hors service en raison d'un chantier dans la station de métro, mais la transmission de données officielles à la Commission n'a pas repris une fois les travaux achevés, en 2016", rappellent les auditeurs quant à ce cas précis. (Belga)

Chaque année pourtant, la pollution de l'air est la cause de plus de 400.000 décès prématurés à travers l'Union, ce qui la place en première position des facteurs environnementaux de risque pour la santé des habitants du continent. En comparaison à ces plus de 1.000 décès prématurés par jour à travers l'UE, les chiffres des morts liés aux accidents de la route sont bien loin derrière. "Au cours des dernières décennies, les politiques de l'UE ont contribué à faire diminuer les émissions, mais la qualité de l'air ne s'est pas améliorée au même rythme, et l'impact sur la santé publique reste considérable", peut-on lire dans le rapport. La baisse des émissions totales n'a en effet pas forcément entraîné une réduction similaire au niveau des concentrations en polluants atmosphériques aux endroits les plus sensibles. Et pour cause: la législation européenne "n'est pas centrée sur la réduction des émissions aux endroits où les effets de la pollution atmosphérique sur la population, ou les concentrations en polluants, sont les plus élevés". Elle rate donc en partie l'objectif recherché au niveau de l'amélioration pour la santé du plus grand nombre. "Les normes de qualité de l'air de l'UE ont été fixées il y a près de 20 ans (...) certaines d'entre elles sont à la fois nettement moins strictes que les lignes directrices de l'OMS et trop peu contraignantes au regard des dernières données scientifiques", écrivent encore les auditeurs. L'UE a notamment défini des valeurs limites de concentration en polluants dans l'air, mais aussi l'obligation dans chaque Etat de mesurer la pollution dans des "zones de contrôle", dont les données doivent être transmises annuellement à l'Europe. En réalité, une grosse majorité des Etats membres ne respecte pas ces limites. En 2016, il n'y en avait que 6, sur 28, qui n'ont dépassé les valeurs limites ni pour les particules, ni pour le dioxyde d'azote ni pour le dioxyde de soufre: l'Estonie, l'Irlande, Chypre, la Lettonie, la Lituanie et Malte. La Belgique était en infraction en ce qui concerne le dioxyde d'azote. Au niveau des contrôles prévus, cela coince aussi: les auditeurs notent, parmi d'autres critiques, qu'il "n'existe pas de garanties suffisantes que les États membres mesurent la qualité de l'air là où il faudrait le faire". Comme les critères fixés manquent de précision, "les États membres ne mesurent pas nécessairement les concentrations en polluants à proximité des grands sites industriels ou des principales voies de circulation urbaines", ce qui édulcore les résultats. Ce dernier point n'est pas sans rappeler l'imbroglio bruxellois autour de la station de mesure installée à Arts-Loi. "En 2009, la station de surveillance a été mise hors service en raison d'un chantier dans la station de métro, mais la transmission de données officielles à la Commission n'a pas repris une fois les travaux achevés, en 2016", rappellent les auditeurs quant à ce cas précis. (Belga)