"Nous sommes déçus et en désaccord avec la décision, mais ce n'est pas la fin des options légales de notre cliente", a ajouté Christina Jump dans un communiqué transmis à l'AFP. Hoda Muthana est née il y a 25 ans aux Etats-Unis dans une famille d'origine yéménite, mais se trouve dans un flou juridique en raison du statut de diplomate de son père à l'époque. En 2014, elle avait rejoint les rangs du groupe Etat islamique (EI) après s'être radicalisée en ligne. Mariée à trois combattants de l'EI, tous tués, Hoda Muthana a activement participé à la propagande de l'EI sous le pseudonyme de "Oum Djihad", selon l'organisation Counter Extremism Project. Elle avait notamment appelé à "faire couler le sang américain" et félicité les auteurs de l'attentat de janvier 2015 contre l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts. En janvier 2019, elle s'est rendue aux Kurdes avec son fils de deux ans et vit depuis dans un camp de réfugiés du nord-est syrien. Jurant d'avoir abandonné l'idéologie du groupe ultra-radical, elle demande depuis à rentrer aux Etats-Unis mais s'est heurtée au véto du président Donald Trump. "J'ai ordonné au secrétaire d'Etat Mike Pompeo, et il est d'accord, de ne pas laisser Hoda Muthana rentrer", avait tweeté le milliardaire républicain en février. Dans la foulée, le chef de la diplomatie américaine avait publié un communiqué pour dire qu'elle n'était pas Américaine. Selon Washington, son père était un diplomate yéménite lorsqu'elle est née et une loi américaine veut que les enfants de diplomates nés aux États-Unis pendant qu'il y sont en poste n'acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine. Son père avait contesté cette lecture en justice, arguant avoir perdu son statut de diplomate juste avant la naissance de sa fille. L'avocate de la jeune femme a souligné que le juge avait pris sa décision "sur son interprétation de la fin de l'immunité diplomatique" "pas sur un tweet du président". (Belga)