L'audience a débuté avec l'appel des nombreux témoins - enquêteurs, proches des accusés notamment - qui seront entendus durant le procès. Le président de la cour d'assises spéciale Jean-Louis Périès doit ensuite résumer, pendant au moins huit heures, les 542 tomes du dossier des attentats les plus meurtriers ayant jamais frappé la France. Il devrait se faire aider pour la lecture par ses assesseurs. Le président rappellera également les charges qui pèsent sur les 20 accusés dont le seul survivant des commandos ayant perpétré les attaques, Salah Abdeslam. Onze hommes, en détention provisoire, comparaissent dans le box de la salle d'audience construite pour l'occasion dans l'historique palais de justice de Paris. Trois accusés, sous contrôle judiciaire, comparaissent libres. Les six autres accusés sont jugés en leur absence: cinq sont présumés morts, un dernier est incarcéré en Turquie. Parmi les 20 accusés, 12 encourent la réclusion à perpétuité. La nuit de terreur du 13 novembre 2015 a débuté à 21H16 aux abords du Stade du France, à Saint-Denis, où se jouait le match de football France-Allemagne. A quelques minutes d'intervalle, trois djihadistes déclenchent leur ceinture explosive. Un peu plus tard, au coeur de Paris, d'autres assaillants, armés de fusils d'assaut, mitraillent des terrasses de cafés et de restaurants. Un autre commando fait irruption dans la salle de spectacle du Bataclan, avec armes de guerre et ceinture explosive. Le bilan est connu: 130 morts, des centaines de blessés. Des familles meurtries à jamais. Jean-Louis Périès va s'employer à détailler les événements et préciser les zones d'ombre qui demeurent. Les enquêteurs - jusqu'à 1.000 au début de l'enquête - et les cinq magistrats antiterroristes saisis avaient rapidement établi que les attentats avaient été coordonnés de Belgique. Ils ont aussi identifié leur commanditaire en Syrie: Oussama Atar, un Belge surnommé "Abou Ahmad al-Iraki", membre important de l'EI, vraisemblablement mort en 2017 dans une frappe de la coalition en zone irako-syrienne. Le président parlera devant les victimes - on compte plus de 1.800 parties civiles - qui attendent enfin que justice soit rendue. Quasi mutique durant toute l'instruction, Salah Abdeslam est le seul accusé à s'être fait remarquer jusqu'à présent en multipliant les provocations. Il a notamment revendiqué haut et fort son appartenance à l'EI. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'État islamique", a-t-il lancé dès la première audience. Jeudi, il a récidivé en lançant une nouvelle diatribe. "Je ne cautionne pas votre justice", a-t-il clamé. Jean-Louis Périès s'est engagé à faire du procès "historique" et "hors norme" du 13-Novembre, un procès exemplaire, dans "le respect de la norme, des droits de chacun, à commencer par les droits de la défense". Face aux provocations d'Abdeslam, il a répondu jusqu'à présent avec un calme non dénué de détermination. "Monsieur Abdeslam, vous avez eu cinq ans pour vous exprimer (devant les juges d'instruction français, ndlr), vous n'avez pas voulu le faire et c'est votre droit le plus strict. J'entends aujourd'hui que vous allez le faire et c'est très bien, mais ce n'est pas le moment" encore, lui a-t-il dit jeudi avant de lui couper le micro. Le procès est prévu pour durer neuf mois. (Belga)

L'audience a débuté avec l'appel des nombreux témoins - enquêteurs, proches des accusés notamment - qui seront entendus durant le procès. Le président de la cour d'assises spéciale Jean-Louis Périès doit ensuite résumer, pendant au moins huit heures, les 542 tomes du dossier des attentats les plus meurtriers ayant jamais frappé la France. Il devrait se faire aider pour la lecture par ses assesseurs. Le président rappellera également les charges qui pèsent sur les 20 accusés dont le seul survivant des commandos ayant perpétré les attaques, Salah Abdeslam. Onze hommes, en détention provisoire, comparaissent dans le box de la salle d'audience construite pour l'occasion dans l'historique palais de justice de Paris. Trois accusés, sous contrôle judiciaire, comparaissent libres. Les six autres accusés sont jugés en leur absence: cinq sont présumés morts, un dernier est incarcéré en Turquie. Parmi les 20 accusés, 12 encourent la réclusion à perpétuité. La nuit de terreur du 13 novembre 2015 a débuté à 21H16 aux abords du Stade du France, à Saint-Denis, où se jouait le match de football France-Allemagne. A quelques minutes d'intervalle, trois djihadistes déclenchent leur ceinture explosive. Un peu plus tard, au coeur de Paris, d'autres assaillants, armés de fusils d'assaut, mitraillent des terrasses de cafés et de restaurants. Un autre commando fait irruption dans la salle de spectacle du Bataclan, avec armes de guerre et ceinture explosive. Le bilan est connu: 130 morts, des centaines de blessés. Des familles meurtries à jamais. Jean-Louis Périès va s'employer à détailler les événements et préciser les zones d'ombre qui demeurent. Les enquêteurs - jusqu'à 1.000 au début de l'enquête - et les cinq magistrats antiterroristes saisis avaient rapidement établi que les attentats avaient été coordonnés de Belgique. Ils ont aussi identifié leur commanditaire en Syrie: Oussama Atar, un Belge surnommé "Abou Ahmad al-Iraki", membre important de l'EI, vraisemblablement mort en 2017 dans une frappe de la coalition en zone irako-syrienne. Le président parlera devant les victimes - on compte plus de 1.800 parties civiles - qui attendent enfin que justice soit rendue. Quasi mutique durant toute l'instruction, Salah Abdeslam est le seul accusé à s'être fait remarquer jusqu'à présent en multipliant les provocations. Il a notamment revendiqué haut et fort son appartenance à l'EI. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'État islamique", a-t-il lancé dès la première audience. Jeudi, il a récidivé en lançant une nouvelle diatribe. "Je ne cautionne pas votre justice", a-t-il clamé. Jean-Louis Périès s'est engagé à faire du procès "historique" et "hors norme" du 13-Novembre, un procès exemplaire, dans "le respect de la norme, des droits de chacun, à commencer par les droits de la défense". Face aux provocations d'Abdeslam, il a répondu jusqu'à présent avec un calme non dénué de détermination. "Monsieur Abdeslam, vous avez eu cinq ans pour vous exprimer (devant les juges d'instruction français, ndlr), vous n'avez pas voulu le faire et c'est votre droit le plus strict. J'entends aujourd'hui que vous allez le faire et c'est très bien, mais ce n'est pas le moment" encore, lui a-t-il dit jeudi avant de lui couper le micro. Le procès est prévu pour durer neuf mois. (Belga)