La dette publique ne serait belge que de nom. Elle ne serait en réalité qu'un fardeau 100 % wallon, que la Flandre est priée de supporter au fil des ans sur ses propres deniers. Les milieux nationalistes flamands ont dépassé le stade du simple soupçon pour en faire une intime conviction. Une récente étude menée par VIVES, centre d'expertise économique adossé à la KUL, vient de les conforter dans leurs certitudes et leur détermination à mettre fin à ce manège en refilant à l'avenir la note au sud du pays.

Sombre affaire, récemment mise en lumière par Le Vif/L'Express. Jugée suffisamment interpellante pour piquer la curiosité du député MR Georges-Louis Bouchez qui l'a fait remonter jusqu'au Parlement wallon. Avec la ferme intention, depuis les bancs de l'opposition, de savoir ce que pouvait bien penser de tout cela le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS).

D'avoir pris connaissance de cette lecture foncièrement flamingante de la dette publique fédérale dans les colonnes du Vif a occasionné à Christophe Lacroix ses premiers maux de ventre de l'année.

Le crime est signé de façon tellement flagrante : "VIVES, c'est quand même un centre d'étude très proche de la N-VA qui veut, depuis que la Ministre Liesbeth Homans l'ad déclaré, la disparition de la Belgique pour 2025". Avec un tel CV, réécrire l'histoire de l'endettement public devient un jeu d'enfant : "cette dette belge n'a pas été accumulée par les Wallons, ou pour les Wallons, mais par l'Etat belge, suite à l'accumulation de déficits finançant la politique du gouvernement à travers tout le pays", le tout en vertu d'une solidarité interrégionale. Que cette notion de solidarité reste en travers d'une gorge flamingante, soit. Mais, précise Christophe Lacroix à l'adresse de ceux qui voudraient tirer un trait sur ce modèle, "il ne leur sera pas accordé de réviser le passé institutionnel à leur guise." A bon entendeur : la Wallonie aussi sait compter. Et viendra avec sa propre clé de répartition de la dette s'il fallait un jour solder les comptes.

Tout faux, messieurs les flamingants ? Affirmatif, poursuit le grand argentier wallon : non, la Flandre ne produit pas que des surplus budgétaires, et non la dette fédérale n'est pas une exclusivité wallonne. Chacun son fardeau et ses obligations : "il faudrait sept ans à l'Etat fédéral pour rembourser sa dette s'il consacrait l'entièreté de ses recettes à son remboursement intégral. Il faudrait un peu plus d'un an et demi à la Wallonie pour apurer complètement la sienne."

Georges-Louis Bouchez n'est pas sorti franchement rassuré de cette belle leçon correctrice. Le député libéral en conçoit même une sourde angoisse : "Je crains que cette question de la dette ne déboule à un moment donné dans de futures négociations communautaires. Et là, je constate qu'il n'existe aucun plan sérieux de réduction de la dette wallonne pour aborder cette perspective sans être déforcé. J'attendais du ministre du Budget, au-delà de sa réfutation légitime de la thèse des milieux nationalistes wallons, un prolongement politique de la réflexion sur la gestion de la dette. Et là, rien. On n'est pas dans le précipice, mais on est au bord."

La dette publique ne serait belge que de nom. Elle ne serait en réalité qu'un fardeau 100 % wallon, que la Flandre est priée de supporter au fil des ans sur ses propres deniers. Les milieux nationalistes flamands ont dépassé le stade du simple soupçon pour en faire une intime conviction. Une récente étude menée par VIVES, centre d'expertise économique adossé à la KUL, vient de les conforter dans leurs certitudes et leur détermination à mettre fin à ce manège en refilant à l'avenir la note au sud du pays. Sombre affaire, récemment mise en lumière par Le Vif/L'Express. Jugée suffisamment interpellante pour piquer la curiosité du député MR Georges-Louis Bouchez qui l'a fait remonter jusqu'au Parlement wallon. Avec la ferme intention, depuis les bancs de l'opposition, de savoir ce que pouvait bien penser de tout cela le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS).D'avoir pris connaissance de cette lecture foncièrement flamingante de la dette publique fédérale dans les colonnes du Vif a occasionné à Christophe Lacroix ses premiers maux de ventre de l'année. Le crime est signé de façon tellement flagrante : "VIVES, c'est quand même un centre d'étude très proche de la N-VA qui veut, depuis que la Ministre Liesbeth Homans l'ad déclaré, la disparition de la Belgique pour 2025". Avec un tel CV, réécrire l'histoire de l'endettement public devient un jeu d'enfant : "cette dette belge n'a pas été accumulée par les Wallons, ou pour les Wallons, mais par l'Etat belge, suite à l'accumulation de déficits finançant la politique du gouvernement à travers tout le pays", le tout en vertu d'une solidarité interrégionale. Que cette notion de solidarité reste en travers d'une gorge flamingante, soit. Mais, précise Christophe Lacroix à l'adresse de ceux qui voudraient tirer un trait sur ce modèle, "il ne leur sera pas accordé de réviser le passé institutionnel à leur guise." A bon entendeur : la Wallonie aussi sait compter. Et viendra avec sa propre clé de répartition de la dette s'il fallait un jour solder les comptes.Tout faux, messieurs les flamingants ? Affirmatif, poursuit le grand argentier wallon : non, la Flandre ne produit pas que des surplus budgétaires, et non la dette fédérale n'est pas une exclusivité wallonne. Chacun son fardeau et ses obligations : "il faudrait sept ans à l'Etat fédéral pour rembourser sa dette s'il consacrait l'entièreté de ses recettes à son remboursement intégral. Il faudrait un peu plus d'un an et demi à la Wallonie pour apurer complètement la sienne."Georges-Louis Bouchez n'est pas sorti franchement rassuré de cette belle leçon correctrice. Le député libéral en conçoit même une sourde angoisse : "Je crains que cette question de la dette ne déboule à un moment donné dans de futures négociations communautaires. Et là, je constate qu'il n'existe aucun plan sérieux de réduction de la dette wallonne pour aborder cette perspective sans être déforcé. J'attendais du ministre du Budget, au-delà de sa réfutation légitime de la thèse des milieux nationalistes wallons, un prolongement politique de la réflexion sur la gestion de la dette. Et là, rien. On n'est pas dans le précipice, mais on est au bord."