Le "héros" de l'indépendance de l'ancienne colonie britannique devenu tyran s'est éteint vendredi dernier à l'âge de 95 ans dans un hôpital de luxe de Singapour où il venait régulièrement se faire soigner depuis des années. A la tête du Zimbabwe depuis 1980, le "camarade Bob", ainsi que le désignaient les membres de son parti, a été écarté du pouvoir fin 2017 par un coup de force de l'armée, qui a installé son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa dans son fauteuil. Il a laissé derrière lui un pays meurtri par la répression et ruiné par une interminable crise économique et financière. En provenance de Singapour, l'avion spécial transportant le corps du défunt chef de l'Etat s'est posé dans l'après-midi à l'aéroport d'Harare, qui porte son nom. L'appareil s'est arrêté au pied d'un tapis rouge, face à une garde militaire d'honneur et une tribune officielle où avait pris place, entre autres, son successeur Emmerson Mnangagwa, paré de sa traditionnelle écharpe au couleur du Zimbabwe. Une foule de plusieurs milliers de personnes a assisté au retour du corps de l'ancien président. Elton Ngwenya, 34 ans, épicier du township de Hatcliffe à Harare, a dit être venu "accueillir le corps du président et lui rendre hommage". "Il était notre père". Le cercueil de l'ancien chef de l'Etat, recouvert du drapeau zimbabwéen, devait ensuite être transporté par un véhicule de commandement militaire jusqu'à sa fameuse résidence du "Toit bleu", pour un premier hommage public. Sa dépouille doit jeudi être exposée au stade Rufaro, dans la banlieue de Harare, "pour permettre à la population de tout le pays de rendre hommage à l'illustre héros de la guerre de libération", selon la ministre de l'Information Monica Mutsvangwa. C'est dans ce stade que Robert Mugabe avait, le 18 avril 1980, pris les rênes de l'ancienne Rhodésie sous domination britannique des mains de son ancien dirigeant blanc Ian Smith. (Belga)