"La 'crise de l'accueil' actuelle est la conséquence de décisions politiques et non d'une arrivée massive de demandeurs d'asile. S'il est vrai que leur nombre est plus élevé qu'en 2016 et 2017, on est très loin de la situation tragique de 2015", a expliqué la CIRE dans un communiqué.

A la fin de 2017, au vu de la diminution du nombre de demandes et du taux d'occupation des centres, l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken (N-VA), a décidé de fermer plusieurs centre ouverts en 2015 au moment où l'Europe faisait face à un afflux migratoire massif.

"Une vision ne fût-ce qu'à moyen terme aurait réclamé de conserver des places d'accueil tampons, soit des places de réserve, qui peuvent être très vite mises en fonctionnement, puis fermées, au gré des changements de contexte", estime la CIRE qui épingle aussi un manque de personnel à l'Office des étrangers et au Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA), ainsi que les conséquences difficiles à résorber des quotas journaliers de demandeurs d'une protection.

La CIRE avance ses chiffres: en 2015, 31.285 demandes avaient été enregistrées (les enfants accompagnant leurs parents n'étaient pas pris en compte); en 2016, le nombre passé à 14.670 (les enfants sont depuis lors pris en compte); en 2017 à 15.373 et, en 2018, à 19.083. Pour les six premiers mois de 2019, le nombre s'établit à 10.844.

La commission des Finances de la Chambre examinera mercredi le projet de loi portant les douzièmes provisoires pour les mois de novembre et de décembre. Un crédit supplémentaire de 14 millions d'euros est prévu pour Fedasil, l'organisme fédéral qui gère les centres d'accueil. M. Francken a d'ores et déjà dénoncé la mesure.