La Commission détaillait en fait mardi un des aspects de sa nouvelle proposition de budget 2021-2027 sortie la semaine dernière. La proposition initiale de l'exécutif européen, base de négociations infructueuses jusqu'ici, date de 2018. Il s'agissait déjà d'un exercice délicat, la sortie du Royaume-Uni de l'Union obligeant celle-ci à envisager à partir de 2021 un budget amputé d'une de ses principales contributions nationales. Pour limiter la casse et maintenir une enveloppe "finançable" par les 27, la Commission proposait entre autres de rogner dans le budget de la PAC, qui fournit chaque année des aides financières directes aux agriculteurs de toute l'Europe (1er pilier) ainsi qu'un soutien au développement rural (2e pilier). Coronavirus oblige, l'équipe d'Ursula von der Leyen a cependant été chargée récemment de remettre l'ouvrage sur le métier pour tenir compte des graves conséquences économiques de la crise et adosser au budget à long terme un instrument devant soutenir la relance européenne au sortir de la pandémie. Baptisé "Next Generation EU", cet instrument de "relance" va entre autres, selon les propositions de la Commission, injecter 15 milliards d'euros (prix 2018) au Fonds européen agricole pour le développement rural (2e pilier), qui seront versés durant les premières années (2022-2024). Il s'agira de soutenir les zones rurales dans les changements structurels voulus par le Pacte vert et les stratégies pour la biodiversité et "De la ferme à la table". Cette enveloppe ciblée s'ajoute à des "rajouts" par rapport à la proposition de budget initiale de la Commission: 4 milliards de plus pour le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA, 1er pilier), et 5 milliards pour le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader, 2e pilier). En tout, donc, 24 milliards d'euros de plus que la proposition de 2018, en prix constants. C'est ce qu'a choisi d'utiliser le commissaire autrichien Johannes Hahn, qui a préconisé face aux eurodéputés de garder une "approche modeste" pour mener les négociations à bien. "Je suis bien sûr conscient qu'utiliser les prix courants nous donnerait de plus gros chiffres. Mais en vue d'un accord, restons sur les prix de 2018, cela rend la comparaison aussi plus facile", a-t-il sobrement constaté. Si les prix constants corrigent l'effet de l'inflation par rapport à une période de référence, les prix courants gonflent avec elle. Le discours était différent en conférence de presse à destination des journalistes. Le commissaire Janusz Wojciechowski y a souligné que la nouvelle proposition de budget pluriannuel renforce "substantiellement" le financement de la PAC avec un total de 391 milliards (prix courants), de quoi apporter en moyenne chaque année au secteur "2% de fonds en plus par rapport au niveau de 2020". Les nouveaux chiffres "aideront à atteindre nos objectifs très ambitieux de la stratégie pour la biodiversité", et "reconnaissent l'importance stratégique de l'agriculture", a estimé Janusz Wojciechowski. La semaine dernière, les agriculteurs eux-mêmes ne s'étaient pas montrés impressionnés. La FWA (Fédération wallonne de l'Agriculture) avait dénoncé sans détour: "Si l'habillage des chiffres permet de laisser croire à des améliorations, les propositions de budget se traduiront en réalité sur la période 2021-2027 par une forte baisse de la valeur réelle pour les acteurs économiques agricoles et ruraux". Fustigeant l'"absence de cohérence" de la Commission, elle estimait que la nouvelle proposition équivalait à une baisse des fonds de plus au moins 10% par rapport au niveau actuel. (Belga)

La Commission détaillait en fait mardi un des aspects de sa nouvelle proposition de budget 2021-2027 sortie la semaine dernière. La proposition initiale de l'exécutif européen, base de négociations infructueuses jusqu'ici, date de 2018. Il s'agissait déjà d'un exercice délicat, la sortie du Royaume-Uni de l'Union obligeant celle-ci à envisager à partir de 2021 un budget amputé d'une de ses principales contributions nationales. Pour limiter la casse et maintenir une enveloppe "finançable" par les 27, la Commission proposait entre autres de rogner dans le budget de la PAC, qui fournit chaque année des aides financières directes aux agriculteurs de toute l'Europe (1er pilier) ainsi qu'un soutien au développement rural (2e pilier). Coronavirus oblige, l'équipe d'Ursula von der Leyen a cependant été chargée récemment de remettre l'ouvrage sur le métier pour tenir compte des graves conséquences économiques de la crise et adosser au budget à long terme un instrument devant soutenir la relance européenne au sortir de la pandémie. Baptisé "Next Generation EU", cet instrument de "relance" va entre autres, selon les propositions de la Commission, injecter 15 milliards d'euros (prix 2018) au Fonds européen agricole pour le développement rural (2e pilier), qui seront versés durant les premières années (2022-2024). Il s'agira de soutenir les zones rurales dans les changements structurels voulus par le Pacte vert et les stratégies pour la biodiversité et "De la ferme à la table". Cette enveloppe ciblée s'ajoute à des "rajouts" par rapport à la proposition de budget initiale de la Commission: 4 milliards de plus pour le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA, 1er pilier), et 5 milliards pour le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader, 2e pilier). En tout, donc, 24 milliards d'euros de plus que la proposition de 2018, en prix constants. C'est ce qu'a choisi d'utiliser le commissaire autrichien Johannes Hahn, qui a préconisé face aux eurodéputés de garder une "approche modeste" pour mener les négociations à bien. "Je suis bien sûr conscient qu'utiliser les prix courants nous donnerait de plus gros chiffres. Mais en vue d'un accord, restons sur les prix de 2018, cela rend la comparaison aussi plus facile", a-t-il sobrement constaté. Si les prix constants corrigent l'effet de l'inflation par rapport à une période de référence, les prix courants gonflent avec elle. Le discours était différent en conférence de presse à destination des journalistes. Le commissaire Janusz Wojciechowski y a souligné que la nouvelle proposition de budget pluriannuel renforce "substantiellement" le financement de la PAC avec un total de 391 milliards (prix courants), de quoi apporter en moyenne chaque année au secteur "2% de fonds en plus par rapport au niveau de 2020". Les nouveaux chiffres "aideront à atteindre nos objectifs très ambitieux de la stratégie pour la biodiversité", et "reconnaissent l'importance stratégique de l'agriculture", a estimé Janusz Wojciechowski. La semaine dernière, les agriculteurs eux-mêmes ne s'étaient pas montrés impressionnés. La FWA (Fédération wallonne de l'Agriculture) avait dénoncé sans détour: "Si l'habillage des chiffres permet de laisser croire à des améliorations, les propositions de budget se traduiront en réalité sur la période 2021-2027 par une forte baisse de la valeur réelle pour les acteurs économiques agricoles et ruraux". Fustigeant l'"absence de cohérence" de la Commission, elle estimait que la nouvelle proposition équivalait à une baisse des fonds de plus au moins 10% par rapport au niveau actuel. (Belga)