"Apparemment, oui, on pourrait trouver cela contradictoire", a reconnu le commissaire européen à l'économie, Paolo Gentiloni. "Mais la contradiction est résolue à travers le calendrier. Ce sera l'enjeu-clé: à quel point cette transition (entre une stratégie d'investissement et une politique budgétaire prudente, NDLR) sera progressive et coordonnée entre États membres", a-t-il expliqué en conférence de presse. "Car bien sûr, actuellement, nous répétons tous ce mantra: ne retirez pas les soutiens publics de manière prématurée. J'entends cela de la part de tous les ministres des Finances et dans tous les forums internationaux: 'nous devons tirer les leçons des crises antérieures, éviter un assainissement prématuré, etc'. Mais dans le même temps, nous savons qu'à moyen terme, nous devrons faire évoluer cette orientation. Nous y travaillerons progressivement, ensemble, et en différenciant les situations entre États membres", a expliqué le commissaire italien. Ceci dit, la Belgique ne figure pas parmi les 12 États membres pour lesquels la Commission a mis en évidence des vulnérabilités macroéconomiques. Trois d'entre eux continuent de connaître des déséquilibres excessifs (Chypre, Grèce et Italie) et neuf autres connaissent des déséquilibres (Croatie, France, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Espagne et Suède). La Commission s'attend à ce que la totalité des Vingt-Sept retrouvent leur niveau économique d'avant-crise d'ici à la fin 2022. Si tel est bien le cas, la "clause dérogatoire générale", qui permet depuis mars 2020 de déroger temporairement aux limites de dettes et de déficits fixées par le Pacte de stabilité, prendra fin en 2023, a confirmé le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. "Cette année et l'année prochaine, nous encourageons les États membres à maintenir des politiques budgétaires favorables à la croissance, en préservant l'investissement public et en tirant le meilleur parti des financements du plan de relance européen", a-t-il ajouté. L'UE va démarrer en juin un processus historique d'émission de dette commune pour financer quelque 672 milliards d'euros de subventions et de prêts aux États membres afin de les aider à financer des investissements dans la transition verte et numérique, dans le cadre d'un plan global de 750 milliards d'euros. L'argent doit permettre de financer la rénovation thermique de bâtiments, des projets ferroviaires, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des réseaux de télécommunications à haut débit ou encore des infrastructures de stockage des données. Début mai, la Commission européenne avait réévalué à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, grâce à la mise en ?uvre attendue de ce plan et à la forte progression de la vaccination en Europe. L'exécutif européen table sur une croissance de 4,3% en 2021, puis de 4,4% en 2022 pour les 19 pays partageant l'euro. Cependant, la crise économique liée à la pandémie a contraint les gouvernements à laisser filer les dépenses publiques pour protéger les entreprises et les emplois. Ces politiques accommodantes ont eu pour conséquence de propulser pour la première fois le ratio de dette publique de la zone euro à plus de 100% de son produit intérieur brut (PIB). (Belga)

"Apparemment, oui, on pourrait trouver cela contradictoire", a reconnu le commissaire européen à l'économie, Paolo Gentiloni. "Mais la contradiction est résolue à travers le calendrier. Ce sera l'enjeu-clé: à quel point cette transition (entre une stratégie d'investissement et une politique budgétaire prudente, NDLR) sera progressive et coordonnée entre États membres", a-t-il expliqué en conférence de presse. "Car bien sûr, actuellement, nous répétons tous ce mantra: ne retirez pas les soutiens publics de manière prématurée. J'entends cela de la part de tous les ministres des Finances et dans tous les forums internationaux: 'nous devons tirer les leçons des crises antérieures, éviter un assainissement prématuré, etc'. Mais dans le même temps, nous savons qu'à moyen terme, nous devrons faire évoluer cette orientation. Nous y travaillerons progressivement, ensemble, et en différenciant les situations entre États membres", a expliqué le commissaire italien. Ceci dit, la Belgique ne figure pas parmi les 12 États membres pour lesquels la Commission a mis en évidence des vulnérabilités macroéconomiques. Trois d'entre eux continuent de connaître des déséquilibres excessifs (Chypre, Grèce et Italie) et neuf autres connaissent des déséquilibres (Croatie, France, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Espagne et Suède). La Commission s'attend à ce que la totalité des Vingt-Sept retrouvent leur niveau économique d'avant-crise d'ici à la fin 2022. Si tel est bien le cas, la "clause dérogatoire générale", qui permet depuis mars 2020 de déroger temporairement aux limites de dettes et de déficits fixées par le Pacte de stabilité, prendra fin en 2023, a confirmé le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. "Cette année et l'année prochaine, nous encourageons les États membres à maintenir des politiques budgétaires favorables à la croissance, en préservant l'investissement public et en tirant le meilleur parti des financements du plan de relance européen", a-t-il ajouté. L'UE va démarrer en juin un processus historique d'émission de dette commune pour financer quelque 672 milliards d'euros de subventions et de prêts aux États membres afin de les aider à financer des investissements dans la transition verte et numérique, dans le cadre d'un plan global de 750 milliards d'euros. L'argent doit permettre de financer la rénovation thermique de bâtiments, des projets ferroviaires, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des réseaux de télécommunications à haut débit ou encore des infrastructures de stockage des données. Début mai, la Commission européenne avait réévalué à la hausse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, grâce à la mise en ?uvre attendue de ce plan et à la forte progression de la vaccination en Europe. L'exécutif européen table sur une croissance de 4,3% en 2021, puis de 4,4% en 2022 pour les 19 pays partageant l'euro. Cependant, la crise économique liée à la pandémie a contraint les gouvernements à laisser filer les dépenses publiques pour protéger les entreprises et les emplois. Ces politiques accommodantes ont eu pour conséquence de propulser pour la première fois le ratio de dette publique de la zone euro à plus de 100% de son produit intérieur brut (PIB). (Belga)