C'est le quatrième projet de loi de ce genre que vote l'assemblée parlementaire.

Depuis la chute du gouvernement Michel fin décembre, l'échelon fédéral vit au rythme de ce mécanisme qui reporte en douze tranches le budget 2018 sur l'année 2019 et évite à l'État un "shutdown".

La fin de la majorité suédoise et l'absence de nouvelle coalition ont rendu impossible la confection d'un budget pour cette année.

Le vote survenu ce jeudi avait été reporté d'une semaine après l'adoption d'un amendement du PTB prévoyant la création d'un "Fonds Blouses blanches" de 67 millions d'euros afin d'engager du personnel infirmier supplémentaire.

L'amendement adopté ne pourra cependant "être exécuté directement pour des questions de technique budgétaire", a précisé en plénière le ministre du Budget, David Clarinval (MR).

"Avant de pouvoir utiliser réellement ce budget, le parlement doit voter une autre loi qui en définit l'affectation. Aujourd'hui, nous avons reçu un coffre rempli d'argent dont le parlement a gardé la clé", a renchéri la ministre de la Santé, Maggie De Block (Open Vld).

Les travaux législatifs nécessaires à la création du fonds débuteront dès la semaine prochaine dans les trois commissions compétentes - Affaires sociales, Santé et Budget - de la Chambre.

Le gouvernement en affaires courantes a assuré qu'il y apporterait "son assistance technique", tout en insistant sur l'importante de consulter les acteurs du secteur.

A la tribune de la Chambre, le député Peter Mertens (PTB) a mis en garde contre une éventuelle tentative du gouvernement d'engager "un travail législatif complexe pour que les fonds n'arrivent pas". Le président du PTB a affirmé que son parti maintiendrait la pression sur les décideurs, notamment via des manifestations, pour que tout soit mis en oeuvre.

Georges Gilkinet, le chef de groupe Ecolo-Groen, a quant à lui précisé que les verts mettraient tout en oeuvre la semaine prochaine pour concrétiser l'engagement d'un refinancement du secteur des soins. "Cet épisode montre surtout l'urgence de disposer d'un gouvernement de plein exercice, prêt à prendre à bras-le-corps les urgences sociales, environnementales et démocratiques", a-t-il souligné.

Le nouveau chef de groupe MR, Benoît Piedboeuf, mais aussi ceux du CD&V et de l'Open Vld, Servais Verherstraeten et Egbert Lachaert, ont également plaidé pour la mise en place au plus vite d'un nouveau gouvernement.