Les personnes visées sont des bénévoles, des activistes, des ONG, des membres d'équipage de navires de sauvetage, des parents de migrants, des journalistes, des maires ou encore des ecclésiastiques. Le rapport sur lequel ces ONG se fondent, établi par la plate-forme ReSOMA (chercheurs, ONG, autorités locales), a identifié au moins 49 dossiers d'enquête ou de poursuites pénales dans 11 États membres dont la Belgique, pour un total de 158 personnes inquiétées. Le document cite notamment le cas de la capitaine du navire humanitaire Sea Watch 3 Carola Rackete, remise en liberté en Italie mais toujours poursuivie pour avoir accosté de force à Lampedusa afin d'y débarquer des migrants sauvés en Méditerranée. Il relève aussi les poursuites à l'encontre de quatre hébergeurs belges (dont deux journalistes), dont l'acquittement en décembre dernier est toujours contesté en appel par le ministère public. Ce dossier implique aussi huit migrants condamnés pour participation à une organisation criminelle après avoir aidé d'autres migrants à monter dans des camions vers la Grande-Bretagne, sur des aires d'autoroute belges. Ces affaires "démontrent comment des gens sont punis pour avoir sauvé des vies de migrants ou fourni une assistance humanitaire que les États membres ne veulent pas ou sont incapables de fournir, malgré l'obligation qui leur en est faite par le droit international et de l'UE", soulignent les 102 ONG signataires. (Belga)