17 pays, où vit un quart de la population mondiale, sont aujourd'hui exposés à un "stress hydrique extrêmement élevé", autrement dit un risque de pénurie d'eau, et sont sur le point d'atteindre le "jour zéro", c'est-à-dire le jour où l'eau ne s'écoulera plus du robinet. C'est la conclusion d'un rapport du World Resources Institute (WRI). Il s'agit du Qatar, d'Israël, du Liban, de l'Iran, de la Jordanie, de la Libye, du Koweït, de l'Arabie saoudite, de l'Érythrée, des Émirats arabes unis, de Saint-Marin, de Bahreïn, de l'Inde, du Pakistan, du Turkménistan, d'Oman et du Botswana.

Dans ces pays, principalement situés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l'agriculture, l'industrie et les villes utilisent 80% de l'eau disponible chaque année. Dans une telle situation, avec une marge aussi faible entre l'offre et la demande, même une petite période de sécheresse suffit à provoquer une crise sous la forme d'un "jour zéro". L'an dernier, le "jour zéro" a dangereusement été approché dans la ville sud-africaine du Cap. Cette année, c'est le cas de la ville indienne de Madras, la cinquième plus grande ville de l'Inde. Alors que les sécheresses ne font que s'aggraver, de plus en plus d'endroits devront faire face à des pénuries chroniques d'eau, avertissent les Nations Unies.

La Belgique se classe 23e sur 164 pays dans la catégorie "risque élevé de stress hydrique". Elle y est accompagnée du Yémen, du Mexique, du Maroc et de l'Ouzbékistan. Nos régions sont particulièrement vulnérables à la sécheresse en raison de la forte densité de population, notamment en Flandre. Nous devons distribuer de l'eau trop peu disponible à trop de gens. Le nombre croissant de sécheresses dues au changement climatique n'aide pas. L'été dernier, nous avons été sérieusement confrontés aux conséquences.

© WRI

Conséquences

La pénurie d'eau est l'une des conséquences du changement climatique, mais aussi de notre mode de vie. La consommation mondiale d'eau a plus que doublé depuis les années 1960 et ne montre aucun signe de ralentissement. Le réchauffement de la planète entraîne l'évaporation d'une grande quantité d'eau des réservoirs, et dans le même temps une augmentation de la demande en eau. Les régions en situation de stress hydrique sont également confrontées à un autre phénomène météorologique extrême : des précipitations extrêmes, qui provoquent de plus en plus d'inondations.

"Le stress hydrique est la plus grande crise dont personne ne parle", déclare Andrew Steer, PDG du WRI. Les conséquences sont clairement visibles sous forme d'insécurité alimentaire, de conflits, de migrations et d'instabilité financière. La nouvelle génération de solutions n'est pas mise en oeuvre assez rapidement. Cette incompétence à agir se traduira par un lourd tribut en vies humaines et en moyens de subsistance.

Misère au ralenti

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) prévoient que la moitié des 9,7 milliards de personnes qui peupleront la Terre d'ici 2050 vivront dans une région souffrant de pénurie hydrique. Et selon la Banque mondiale, les effets de la sécheresse sont souvent invisibles, mais ils causent beaucoup de "misère au ralenti".

Les solutions consistent à recycler les eaux usées, à collecter l'eau de pluie en prévision des périodes plus sèches et à investir dans des zones tampons naturelles, telles que les zones humides et les vallées des ruisseaux et rivières. L'agriculture doit également apporter sa contribution, entre autres, en passant de cultures à forte consommation d'eau, comme le riz, à des cultures moins assoiffées, comme le millet.

Enfin, il est également nécessaire de sensibiliser le public. Nous devons comprendre que l'eau n'est pas une évidence. En mettant l'accent, par exemple, sur l'éducation relative à l'eau à l'école, nous pourrions avoir le même effet positif que l'approche du recyclage et du tri il y a quelques années.