Pour la première fois en cinq ans, le Global Peace Index (GPI) s'est légèrement amélioré. Le score moyen par pays a augmenté de 0,09%, avec 86 pays affichant une amélioration et 76 une détérioration.

Toutefois, le monde semble moins en paix qu'il y a dix ans, avec une baisse moyenne de l'index de 3,78% depuis 2008. En outre, le fossé se creuse entre les pays en paix et ceux ravagés par la violence. Depuis 2008, les 25 pays les moins en paix ont vu leur score baisser de 11% en moyenne tandis que les 25 pays les plus calmes se sont améliorés d'1,8% en moyenne.

L'Islande est le pays le plus en paix au monde, un statut qu'elle occupe depuis 2008. La Nouvelle-Zélande et le Portugal complètent le podium.

De l'autre côté du classement, l'Afghanistan aboutit à la dernière place, un statut peu enviable qu'il a ravi à la Syrie. Le Soudan du Sud arrive sur la troisième marche des pays les moins tranquilles.

La Belgique atteint elle la 18e position au niveau mondial, à égalité avec la Suède, et glane trois places. Elle se place 11e des pays européens. Elle suit de peu les Pays-Bas tandis que la France, elle, se situe loin derrière (60e mondiale, 29e européenne).

Quatre des neuf régions du monde analysées ont amélioré leur score par rapport à l'an dernier. Les plus grosses augmentations ont été observées en Russie et dans la région eurasienne, suivies par le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Dans ces régions, le nombre de morts causées par des conflits a chuté, surtout grâce à une baisse des tensions en Ukraine et en Syrie. Les décès dus au terrorisme ont également diminué.

L'impact de la violence sur l'économie mondiale en 2018 était de 14,1 milliards de dollars en termes de parité de pouvoir d'achat (PPP), ce qui équivaut à 11,2% de l'activité économique mondiale. Un chiffre qui s'est amélioré en 2018, grâce notamment à la moindre intensité des conflits en Syrie, Colombie et Ukraine. Dans les dix pays les plus touchés par la violence, l'impact économique moyen équivalait à 35% du PIB, contre 3,3% dans les pays les plus tranquilles. Pour la Belgique, le coût économique de la violence représentait 5% du PIB.

Le potentiel impact du changement climatique sur la paix a également été analysé. Le réchauffement climatique aura des conséquences sur la disponibilité des ressources, la migration, les moyens de subsistance, ce qui augmentera la probabilité d'un conflit violent.

Environ 971 millions de personnes vivent dans des régions (très) fortement exposées au réchauffement climatique, dont 41% se trouvent dans des pays qui affichent déjà des bas scores de paix. Huit des 25 pays les moins en paix - Soudan du Sud, Irak, Libye, République démocratique du Congo, Soudan, Corée du Nord, Nigeria et Mexique - ont 10% ou plus de leur population vivant dans des régions exposées au risque climatique, ce qui représente 103,7 millions de personnes en danger.

Par ailleurs, la perception de la paix, qui peut différer du score obtenu, a été évaluée à partir des données du Gallup World Poll. Par exemple, la Belgique est pointée du doigt pour la "satisfaction de la liberté de vivre" et la "satisfaction du niveau de vie". Ces deux critères se détériorent, à l'image de quatre autres pays européens (Espagne, Irlande, France et Danemark). Au niveau mondial, ils affichent pourtant une nette amélioration.

Le rapport couvre 99,7% de la population mondiale et utilise 23 indicateurs quantitatifs et qualitatifs, regroupés dans trois domaines: la sécurité sociétale, les conflits nationaux et internationaux et le degré de militarisation.

Le score a baissé dans deux domaines: les conflits en cours (- 8,69%) et la sécurité (-4,02%). Une détérioration globale causée par le terrorisme et les conflits internes. Une centaine de pays ont enregistré une activité terroriste croissante tandis que le nombre total de morts dues à des conflits a augmenté de 140% entre 2006 et 2017.

Le domaine de la militarisation affiche lui un score en amélioration de 2,6% depuis 2008. Les dépenses militaires en termes de pourcentage du PIB ont ainsi baissé dans 98 pays, contre 63 pays en augmentation seulement.