Selon les données de l'Institut de statistique (ISU) de l'agence des Nations unies pour l'éducation, la culture et la science, depuis dix ans, le taux de scolarisation des enfants dans le monde stagne, après avoir progressé au début des années 2000. En 2017, 262 millions (18%) des 6-17 ans n'étaient pas scolarisés. Si les tendances actuelles se poursuivent, ce nombre "ne baissera que légèrement" à 225 millions d'ici à 2030. "Un enfant sur six" alors "restera non scolarisé dans les cycles primaire et secondaire, tandis que six jeunes sur dix seulement achèveront l'enseignement secondaire". Les progrès ont pourtant été réels dans la première décennie du siècle: le taux d'enfants non scolarisés en primaire (6-11 ans) a baissé de 15% à 9% entre 2000 et 2008. Entre 2000 et 2010, il est passé de 25% à 17% pour le premier cycle de l'enseignement secondaire (généralement 12-14 ans) tandis que le taux de non scolarisés du second cycle (15-17 ans) chutait de 48% à 37% entre 2000 et 2013. Depuis, la baisse a ralenti, voire marque le pas, coïncidant "avec l'arrêt soudain de la croissance de l'aide à l'éducation aux pays à revenu faible après la crise financière", relève l'institution. Sans surprise, ces chiffres globaux masquent d'énormes disparités entre pays riches et pauvres. Ainsi, au lycée (2e cycle de l'enseignement secondaire), le taux de jeunes non scolarisés est de 6% dans les pays les plus riches, 37% dans les pays à revenu intermédiaire et environ 60% dans les pays à faible revenu. Pour ces derniers, les défis à relever sont grands et, en particulier, pour les pays d'Afrique sub-saharienne où la population en âge d'être scolarisée augmente plus rapidement qu'ailleurs. Cette région représente désormais 54% des enfants de primaire non scolarisés contre 41% en 2000. En outre, dans les pays à revenu faible, "les plus riches sont neuf fois plus susceptibles d'achever le deuxième cycle de l'enseignement secondaire que les plus pauvres", soulignent les données de l'ISU. Différences de revenu mais aussi de genre. "Les filles continuent de faire face aux plus gros obstacles", souligne la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, citée dans un communiqué. (Belga)