Selon les derniers chiffres des autorités ukrainiennes, jusqu'à 420 membres des forces armées et de bataillons de volontaires affiliés ont péri et une quarantaine d'autres ont été portés disparus dans les combats pour le contrôle de cette ville, un carrefour ferroviaire. Mercredi, quelque 500 manifestants - essentiellement des mères et des veuves des militaires tués - ont accroché des centaines de ballons rouges au grillage entourant l'ambassade de Russie. Selon les autorités ukrainiennes, les rebelles ont été épaulés au cours de cette bataille qui a duré d'août à septembre 2014 par des troupes régulières et de l'équipement russes, ce que Moscou a toujours démenti. Les forces ukrainiennes avaient affronté pendant des semaines les rebelles autour d'Ilovaïsk avant de se retrouver prises au piège dans cette ville. Selon Kiev, la majeure partie de ces soldats avaient été tués après l'annonce d'un accord entre les belligérants pour permettre l'évacuation de militaires ukrainiens, qui n'a finalement pas été respecté. De nombreuses voix en Ukraine ont également mis l'accent sur les erreurs dans le commandement au sein de l'armée ukrainienne pendant de cette bataille. La défaite d'Ilovaïsk avait poussé Petro Porochenko, alors le président de l'Ukraine, à signer quelques jours plus tard une première série d'accords de paix à Minsk, considérés comme humiliants pour Kiev par ses détracteurs. Ces documents ont été suivis en février 2015 par de nouveaux accords de paix qui ont permis de considérablement réduire les affrontements, sans y mettre complètement fin, mais pas de parvenir à un règlement politique. Cette guerre, la plus importante en Europe depuis celles dans les Balkans dans les années 1990, a fait près de 13.000 morts depuis son déclenchement en 2014. (Belga)