La veille, les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-sept ont échoué à s'accorder sur l'embryon d'une réponse commune à la crise économique générée par la crise sanitaire du coronavirus. Ils ont renvoyé la balle à leurs ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), chargés de formuler des propositions avant 15 jours. Un groupe de neuf pays, dont l'Italie, l'Espagne, la France et la Belgique, s'étaient montrés favorables à la création d'un instrument de dette commun émis par une institution européenne, afin de lever des fonds à bon prix sur le marché au profit de tous les États membres. Certains y voient un plaidoyer pour une obligation européenne de type "coronabond", mais pas nécessairement. Or, une mutualisation de la dette effraie les pays les plus riches et vertueux sur le plan budgétaire, Pays-Bas et Allemagne en tête. Ils craignent le risque financier d'être attaqués sur cette dette pour des pays jugés plus laxistes. Ces pays proposent de recourir au Mécanisme européen de stabilité (MES), créé dans le cadre de la crise de la dette pour venir en aide à des États isolément, au prix de sévères conditions dont la Grèce se souvient encore. On parlait alors de crise "asymétrique" puisque l'impact macroéconomique portait seulement sur le pays touché. Jeudi soir, le Premier ministre italien Giuseppe Conte, soutenu par d'autres dont l'Espagnol Pedro Sanchez, a tenté en vain de convaincre des dirigeants comme Mark Rutte (Pays-Bas) ou Angela Merkel (Allemagne) que la crise générée par le coronavirus était "symétrique", c'est-à-dire provoquée par une cause exogène et ayant un impact similaire sur les différents pays de la zone euro. Au final, aucun camp ne l'a emporté: ni le MES ni le coronabond n'a été retenu dans les conclusions a minima, mais les divisions entre pays dits du nord et du sud se sont traduites dans des mots très durs. La Belgique se profile un peu au milieu du gué. "Des lignes de crédit préventives du MES seraient une bonne chose", a commenté le ministre des Finances Alexander De Croo, interrogé sur la chaîne américaine CNBC. "Mais sera-ce suffisant ? Ne devrions-nous pas au moins projeter quelque chose de plus ? Personne ne sait encore quel sera l'impact à long terme", a-t-il ajouté. Pour le libéral flamand, le choc est bien de nature "asymétrique", car il ne touchera pas aussi durement tous les pays de la zone euro. Mais contrairement à la crise de la dette au début des années 2010, les pays les plus touchés par la crise du coronavirus ne sont pas responsables de la situation dans laquelle ils se retrouvent, a souligné M. De Croo. "Et puis, on ne parle pas ici d'une économie de l'ampleur de la Grèce, mais bien de l'Italie et de l'Espagne. Pourrions-nous nous permettre, en Europe, de soutenir de telles économies sur ces dix prochaines années, comme on traîne un boulet ? ", a-t-il ajouté. A ses yeux, l'Europe doit absolument éviter d'être confrontée après la crise du coronavirus "à une énorme crise de la dette qui serait totalement asymétrique". "La prospérité de l'Europe est fondée sur le fait que nous sommes la plus grosse zone commerciale mondiale, le plus grand partenaire commercial au monde. Nous perdrions cette position avec une situation aussi asymétrique". A côté des dimensions budgétaires et financières, les dirigeants européens ont chargé les présidents de la Commission Ursula von der Leyen et du Conseil Charles Michel de préparer une stratégie coordonnée de sortie de crise et un plan de relance économique. Les dirigeants ont souligné que le Pacte vert européen (Green Deal) et la transition numérique devaient faire partie intégrante de cette stratégie pour renouer avec une croissance durable. (Belga)

La veille, les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-sept ont échoué à s'accorder sur l'embryon d'une réponse commune à la crise économique générée par la crise sanitaire du coronavirus. Ils ont renvoyé la balle à leurs ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), chargés de formuler des propositions avant 15 jours. Un groupe de neuf pays, dont l'Italie, l'Espagne, la France et la Belgique, s'étaient montrés favorables à la création d'un instrument de dette commun émis par une institution européenne, afin de lever des fonds à bon prix sur le marché au profit de tous les États membres. Certains y voient un plaidoyer pour une obligation européenne de type "coronabond", mais pas nécessairement. Or, une mutualisation de la dette effraie les pays les plus riches et vertueux sur le plan budgétaire, Pays-Bas et Allemagne en tête. Ils craignent le risque financier d'être attaqués sur cette dette pour des pays jugés plus laxistes. Ces pays proposent de recourir au Mécanisme européen de stabilité (MES), créé dans le cadre de la crise de la dette pour venir en aide à des États isolément, au prix de sévères conditions dont la Grèce se souvient encore. On parlait alors de crise "asymétrique" puisque l'impact macroéconomique portait seulement sur le pays touché. Jeudi soir, le Premier ministre italien Giuseppe Conte, soutenu par d'autres dont l'Espagnol Pedro Sanchez, a tenté en vain de convaincre des dirigeants comme Mark Rutte (Pays-Bas) ou Angela Merkel (Allemagne) que la crise générée par le coronavirus était "symétrique", c'est-à-dire provoquée par une cause exogène et ayant un impact similaire sur les différents pays de la zone euro. Au final, aucun camp ne l'a emporté: ni le MES ni le coronabond n'a été retenu dans les conclusions a minima, mais les divisions entre pays dits du nord et du sud se sont traduites dans des mots très durs. La Belgique se profile un peu au milieu du gué. "Des lignes de crédit préventives du MES seraient une bonne chose", a commenté le ministre des Finances Alexander De Croo, interrogé sur la chaîne américaine CNBC. "Mais sera-ce suffisant ? Ne devrions-nous pas au moins projeter quelque chose de plus ? Personne ne sait encore quel sera l'impact à long terme", a-t-il ajouté. Pour le libéral flamand, le choc est bien de nature "asymétrique", car il ne touchera pas aussi durement tous les pays de la zone euro. Mais contrairement à la crise de la dette au début des années 2010, les pays les plus touchés par la crise du coronavirus ne sont pas responsables de la situation dans laquelle ils se retrouvent, a souligné M. De Croo. "Et puis, on ne parle pas ici d'une économie de l'ampleur de la Grèce, mais bien de l'Italie et de l'Espagne. Pourrions-nous nous permettre, en Europe, de soutenir de telles économies sur ces dix prochaines années, comme on traîne un boulet ? ", a-t-il ajouté. A ses yeux, l'Europe doit absolument éviter d'être confrontée après la crise du coronavirus "à une énorme crise de la dette qui serait totalement asymétrique". "La prospérité de l'Europe est fondée sur le fait que nous sommes la plus grosse zone commerciale mondiale, le plus grand partenaire commercial au monde. Nous perdrions cette position avec une situation aussi asymétrique". A côté des dimensions budgétaires et financières, les dirigeants européens ont chargé les présidents de la Commission Ursula von der Leyen et du Conseil Charles Michel de préparer une stratégie coordonnée de sortie de crise et un plan de relance économique. Les dirigeants ont souligné que le Pacte vert européen (Green Deal) et la transition numérique devaient faire partie intégrante de cette stratégie pour renouer avec une croissance durable. (Belga)