L'annonce a été faite lors d'une conférence de presse par le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi. Après avoir visité les installations de l'usine d'enrichissement de Fordo, à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville de Qom, Behrouz Kamalvandi s'est adressé à la presse pour expliquer qu'une nouvelle phase avait été enclenchée, sur ordre du président Hassan Rohani, explique l'agence de presse étatique IRNA. Selon le porte-parole, l'OIEA injecte désormais du gaz dans un peu plus d'un millier de centrifugeuses de Fordo. La reprise de l'enrichissement à Fordo avait été annoncée mardi par le président Rohani, au lendemain de l'expiration d'un délai donné par Téhéran aux autres parties à l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) pour qu'elles l'aident à surmonter les conséquences du retrait des Etats-Unis de ce pacte en 2018 et du rétablissement de sanctions américaines. La reprise de l'enrichissement à Fordo est en réalité la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens lancé en mai, en riposte au retrait unilatéral américain. L'accord international de 2015 stipulait que l'Iran n'avait pas le droit de mener des activités d'enrichissement à Fordo et d'enrichir l'uranium en isotopes 235 à plus de 3,67%. "Etant donné nos besoins (...), nous produisons actuellement 5%", a déclaré Behrouz Kamalvandi. Le taux de 5% reste en deçà de l'enrichissement à 20% que l'Iran a un temps pratiqué, et très loin des 90% nécessaires pour envisager la fabrication d'une bombe atomique. Selon IRNA, des experts de l'AIEA, l'agence internationale de l'énergie atomique chapeautée par l'ONU, sont attendus en Iran dimanche. L'OIEA a également fait savoir qu'elle allait débuter le coulage de béton pour la construction d'un second réacteur nucléaire à sa centrale de Bouchehr. (Belga)