Depuis le retrait unilatéral de Washington en mai dernier de l'accord sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement des sanctions économiques contre Téhéran, les tensions entre les deux pays, alliés de Bagdad, n'ont cessé de croître. Le classement des Gardiens de la Révolution, armée d'élite du régime iranien, sur la liste américaine des organisations "terroristes" et le renforcement début mai de la présence militaire américaine au Moyen-Orient face à de présumées "menaces" iraniennes, ont encore envenimé la situation, jusqu'à faire craindre une confrontation armée. L'Irak "va envoyer très prochainement des délégations à Téhéran et Washington pour pousser à l'apaisement, dans l'intérêt premièrement de l'Irak (...) et de la région en général", a déclaré M. Mahdi, lors d'une conférence de presse. Dimanche, une roquette a été tirée sur la Zone verte de Bagdad, un secteur ultrasécurisé où siège l'ambassade des Etats-Unis, quelques jours après le rappel par l'administration américaine de ses diplomates non essentiels en Irak. "Nous ne laisserons pas le sol irakien devenir le théâtre d'une guerre ou un tremplin pour une guerre contre un autre pays", a indiqué M. Abdel Mahdi. Des négociations entre Téhéran et Washington pourraient être organisées à Bagdad, a assuré à l'AFP un autre responsable irakien sous couvert d'anonymat. "Les Etats-Unis considèrent l'Irak comme le seul pays capable de réunir les deux parties autour d'une table", a-t-il affirmé. Après des jours d'escalade, et alors que la confrontation entre les deux pays a dérivé sur le terrain militaire, les Etats-Unis semblent vouloir s'extraire de cette phase à hauts risques. L'administration de Donald Trump a jugé mardi "assez probable" que l'Iran soit derrière de mystérieux "actes de sabotage" contre des intérêts pétroliers dans le Golfe mais a estimé que l'action déterminée des Etats-Unis avait permis d'éloigner les menaces. (Belga)