Le Risk Management Group (RMG ou Groupe de Gestion du Risque) est un organe de Sciensano chargé de décider des mesures à appliquer, sur base des avis du RAG (Risk Assessment Group, Groupe d'Évaluation du Risque). La présidente du RAG Sophie Quoilin avait été entendue par les députés vendredi dernier. "En temps normal, le RMG se réunit trois à quatre fois par an. Notre première réunion à propos du Covid-19 s'est tenue le 23 janvier. Depuis lors, nous nous sommes vus à quelque 90 reprises", a relevé M. Pardon. Le président du RMG a détaillé la composition de cet organe, qui comprend à la fois des experts et des représentants des cabinets ministériels. "Au sein du RMG, nous avons déjà toutes les compositions politiques qui entrent en ligne de compte. Mon objectif est toujours d'aboutir à un consensus, même si je dois diminuer ou modifier mon opinion personnelle. Il se peut parfois que je défende moins le point de vue fédéral en raison du fait que je doive aboutir à un consensus avec les autres. Le piège est que l'avis du RMG soit déjà amendé politiquement en son sein et qu'il le soit encore par la suite. Le caractère scientifique d'une décision risque alors de se perdre complètement." Paul Pardon a alors fait part des difficultés inhérentes à la structure institutionnelle belge. "L'imbrication des responsabilités et des compétences est très compliquée et souvent peu claire. En situation de crise, on perd du temps. Il faut vraiment clarifier tout cela. Au sein du RMG, nous avons donc d'abord défini les besoins avant de réfléchir à qui était compétent." Le président du RMG a également critiqué les délais demandés par les autorités. "Très souvent, nous avions une tâche à exécuter dans un délai particulièrement court. On ne pouvait pas réfléchir à la situation de façon approfondie. Ce n'est pas une bonne chose. Il faut un questionnement, il faut une réflexion. Des délais artificiels nous étaient parfois imposés." "Certains avis ont en outre été discutés ailleurs sans en informer le RMG", a-t-il relevé, pointant la création de nouveaux organes. "C'est peu confortable." Paul Pardon a néanmoins salué le travail du Conseil national de Sécurité (CNS), auquel il a participé. "J'ai du respect pour la manière dont cette crise a été gérée par le CNS. J'ai eu l'impression que tout le monde regardait dans la même direction. Il n'y avait pas de querelles et une cohésion entre les responsables politiques. Les médias ont cherché et attisé la controverse." Paul Pardon a en outre pointé le manque de personnel au sein du RMG. "Le 'National Focal point' (point de contact à l'international) et le 'Public Health Emergency' ne sont composés que d'une seule personne, moi en l'occurrence. Et je suis à ce titre mobilisable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le renforcement des structures me semble essentiel. Il nous faut du personnel, du personnel et encore du personnel, et aussi des moyens", a-t-il conclu. Le président du RMG a par ailleurs assuré qu'aucun laboratoire n'avait été favorisé pendant la crise. (Belga)

Le Risk Management Group (RMG ou Groupe de Gestion du Risque) est un organe de Sciensano chargé de décider des mesures à appliquer, sur base des avis du RAG (Risk Assessment Group, Groupe d'Évaluation du Risque). La présidente du RAG Sophie Quoilin avait été entendue par les députés vendredi dernier. "En temps normal, le RMG se réunit trois à quatre fois par an. Notre première réunion à propos du Covid-19 s'est tenue le 23 janvier. Depuis lors, nous nous sommes vus à quelque 90 reprises", a relevé M. Pardon. Le président du RMG a détaillé la composition de cet organe, qui comprend à la fois des experts et des représentants des cabinets ministériels. "Au sein du RMG, nous avons déjà toutes les compositions politiques qui entrent en ligne de compte. Mon objectif est toujours d'aboutir à un consensus, même si je dois diminuer ou modifier mon opinion personnelle. Il se peut parfois que je défende moins le point de vue fédéral en raison du fait que je doive aboutir à un consensus avec les autres. Le piège est que l'avis du RMG soit déjà amendé politiquement en son sein et qu'il le soit encore par la suite. Le caractère scientifique d'une décision risque alors de se perdre complètement." Paul Pardon a alors fait part des difficultés inhérentes à la structure institutionnelle belge. "L'imbrication des responsabilités et des compétences est très compliquée et souvent peu claire. En situation de crise, on perd du temps. Il faut vraiment clarifier tout cela. Au sein du RMG, nous avons donc d'abord défini les besoins avant de réfléchir à qui était compétent." Le président du RMG a également critiqué les délais demandés par les autorités. "Très souvent, nous avions une tâche à exécuter dans un délai particulièrement court. On ne pouvait pas réfléchir à la situation de façon approfondie. Ce n'est pas une bonne chose. Il faut un questionnement, il faut une réflexion. Des délais artificiels nous étaient parfois imposés." "Certains avis ont en outre été discutés ailleurs sans en informer le RMG", a-t-il relevé, pointant la création de nouveaux organes. "C'est peu confortable." Paul Pardon a néanmoins salué le travail du Conseil national de Sécurité (CNS), auquel il a participé. "J'ai du respect pour la manière dont cette crise a été gérée par le CNS. J'ai eu l'impression que tout le monde regardait dans la même direction. Il n'y avait pas de querelles et une cohésion entre les responsables politiques. Les médias ont cherché et attisé la controverse." Paul Pardon a en outre pointé le manque de personnel au sein du RMG. "Le 'National Focal point' (point de contact à l'international) et le 'Public Health Emergency' ne sont composés que d'une seule personne, moi en l'occurrence. Et je suis à ce titre mobilisable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le renforcement des structures me semble essentiel. Il nous faut du personnel, du personnel et encore du personnel, et aussi des moyens", a-t-il conclu. Le président du RMG a par ailleurs assuré qu'aucun laboratoire n'avait été favorisé pendant la crise. (Belga)