Il en est beaucoup, du côté francophone, qui ricanent au vu de la crise politique actuelle. La trahison de la N-VA n'était-elle pas inscrite dans les astres ? Cette Suédoise n'était-elle pas, de toute évidence, appelée à s'écraser en plein vol ? La défunte coalition suédoise, née en octobre 2014, avait été dénoncée à l'époque par une large opposition de députés francophones, sur fond de polémiques à répétition : kamikaze ! De guerre lasse, les mêmes s'étaient pourtant rangés à l'idée que la majorité fédérale irait jusqu'au bout de la législature. Jusqu'à l'impossible imbroglio des dernières semaines.

Les détracteurs de la première heure avaient donc raison depuis le début ? Pas forcément. Cette alliance contre-nature entre le MR et un trio flamand de droite dominé par la N-VA a démontré sa capacité à gérer le pays de façon relativement stable. Sans débat communautaire. En Flandre, une large majorité a pu mener les politiques socio-économiques correspondant à son expression démocratique. De quoi faire hurler du côté francophone ? Peut-être. Mais au-delà d'un évident opportunisme pour retrouver le pouvoir, le MR a posé un choix de responsabilité en tentant de neutraliser les velléités séparatistes. Faut-il rappeler l'impressionnante progression de la N-VA au parlement flamand, en 2014, ayant amené un CD&V pourtant réticent à la juger incontournable ?

En bout de législature, deux circonstances concomitantes ont changé la donne d'une Suédoise qui se voyait bien repartir pour un deuxième bail. Le résultat des élections communales du 14 octobre, tout d'abord, a fragilisé une N-VA dont les voix ont été grignotées par le Vlaams Belang. Au même moment, le fossé grandissait en Europe entre les identitaires de la tendance Orban/Salvini et les pro-Européens/multilatéralistes du camp Macron/Michel. Le Pacte des migrations de l'ONU ne fut finalement qu'un prétexte pour symboliser la fracture. Avec, sans doute, des manipulations délibérées de la part de ceux qui veulent propager la haine et le replis sur soi. Résultat : la tendance Francken l'a emporté au sein de la N-VA, décomplexée dans sa communication, faisant feu de tout bois, privilégiant un retour à la ligne identitaire pure et dure. Au point d'être prêt à renoncer à son bilan de quatre ans, de rejeter le budget 2019 et de qualifier Charles Michel, épargné jusqu'ici - de "marionnette", soit précisément le terme utilisé par l'opposition francophone. Bref, elle a délibérément déchiré le contrat fragile qui lui permettait de diriger le pays.

Ce mardi et ce jeudi, alors que les préoccupations des Belges sont davantage tournées vers les préparatifs de Noël, nous voici donc confrontés à une improbable heure de vérité au Parlement. Où chaque groupe, chaque député, dans un contexte flou, avec un gouvernement Michel ultra-minoritaire, va être appelé à poser des choix lourds de sens. La N-VA envoie des signaux de plus en plus nombreux laissant entendre qu'elle souhaite des élections anticipées - on cite déjà la date du 10 février. Un moyen de pression pour obtenir la possibilité d'un virage confédéral dans l'adoption de la liste des articles de la Constitution soumis à révision ? Ou une fuite en avant pour dissocier les scrutins, bloquer le pays pour une longue durée ? Il serait irresponsable et incompréhensible que les autres partis - quels qu'ils soient - se laissent aller dans cette voie au nom d'un revanchisme mal placé (venant du PS et de l'opposition ou d'une frustration égotique tout autant malvenue (au MR).

L'opposition ne souhaite pas donner un chèque en blanc à un gouvernement Michel II ne disposant que de 30% de légitimité démocratique ? Cela semble logique. Le chemin le plus vident serait donc de placer le gouvernement Michel II en affaires courantes jusqu'au 26 mai prochain. Au risque d'un immobilisme qui empêcherait de prendre des initiatives nouvelles vitales en ces temps troublés.

Il existe pourtant une troisième voie. Au vu de la dérive actuelle de la N-VA, définitivement révélée par sa campagne de communication choc contre le Pacte des migrations, les partis vraiment démocratiques ne devraient-ils pas faire front au parlement ? L'heure d'une union sacrée contre la N-VA ne serait-elle pas venue pour assurer la stabilité jusqu'au 26 mai et préparer un avenir sans convulsion identitaire ou confédérale pour faire face aux urgences du moment ?

Ce n'est pas la fin du pays qui est en jeu, mais bien nos fins de mois et la fin annoncée de la planète ! Socialistes, libéraux, chrétiens-démocrates, écologistes et DéFi détiennent, cette semaine, les clés de notre destin proche : puissent-il les utiliser de façon constructive...

Il en est beaucoup, du côté francophone, qui ricanent au vu de la crise politique actuelle. La trahison de la N-VA n'était-elle pas inscrite dans les astres ? Cette Suédoise n'était-elle pas, de toute évidence, appelée à s'écraser en plein vol ? La défunte coalition suédoise, née en octobre 2014, avait été dénoncée à l'époque par une large opposition de députés francophones, sur fond de polémiques à répétition : kamikaze ! De guerre lasse, les mêmes s'étaient pourtant rangés à l'idée que la majorité fédérale irait jusqu'au bout de la législature. Jusqu'à l'impossible imbroglio des dernières semaines.Les détracteurs de la première heure avaient donc raison depuis le début ? Pas forcément. Cette alliance contre-nature entre le MR et un trio flamand de droite dominé par la N-VA a démontré sa capacité à gérer le pays de façon relativement stable. Sans débat communautaire. En Flandre, une large majorité a pu mener les politiques socio-économiques correspondant à son expression démocratique. De quoi faire hurler du côté francophone ? Peut-être. Mais au-delà d'un évident opportunisme pour retrouver le pouvoir, le MR a posé un choix de responsabilité en tentant de neutraliser les velléités séparatistes. Faut-il rappeler l'impressionnante progression de la N-VA au parlement flamand, en 2014, ayant amené un CD&V pourtant réticent à la juger incontournable ?En bout de législature, deux circonstances concomitantes ont changé la donne d'une Suédoise qui se voyait bien repartir pour un deuxième bail. Le résultat des élections communales du 14 octobre, tout d'abord, a fragilisé une N-VA dont les voix ont été grignotées par le Vlaams Belang. Au même moment, le fossé grandissait en Europe entre les identitaires de la tendance Orban/Salvini et les pro-Européens/multilatéralistes du camp Macron/Michel. Le Pacte des migrations de l'ONU ne fut finalement qu'un prétexte pour symboliser la fracture. Avec, sans doute, des manipulations délibérées de la part de ceux qui veulent propager la haine et le replis sur soi. Résultat : la tendance Francken l'a emporté au sein de la N-VA, décomplexée dans sa communication, faisant feu de tout bois, privilégiant un retour à la ligne identitaire pure et dure. Au point d'être prêt à renoncer à son bilan de quatre ans, de rejeter le budget 2019 et de qualifier Charles Michel, épargné jusqu'ici - de "marionnette", soit précisément le terme utilisé par l'opposition francophone. Bref, elle a délibérément déchiré le contrat fragile qui lui permettait de diriger le pays.Ce mardi et ce jeudi, alors que les préoccupations des Belges sont davantage tournées vers les préparatifs de Noël, nous voici donc confrontés à une improbable heure de vérité au Parlement. Où chaque groupe, chaque député, dans un contexte flou, avec un gouvernement Michel ultra-minoritaire, va être appelé à poser des choix lourds de sens. La N-VA envoie des signaux de plus en plus nombreux laissant entendre qu'elle souhaite des élections anticipées - on cite déjà la date du 10 février. Un moyen de pression pour obtenir la possibilité d'un virage confédéral dans l'adoption de la liste des articles de la Constitution soumis à révision ? Ou une fuite en avant pour dissocier les scrutins, bloquer le pays pour une longue durée ? Il serait irresponsable et incompréhensible que les autres partis - quels qu'ils soient - se laissent aller dans cette voie au nom d'un revanchisme mal placé (venant du PS et de l'opposition ou d'une frustration égotique tout autant malvenue (au MR).L'opposition ne souhaite pas donner un chèque en blanc à un gouvernement Michel II ne disposant que de 30% de légitimité démocratique ? Cela semble logique. Le chemin le plus vident serait donc de placer le gouvernement Michel II en affaires courantes jusqu'au 26 mai prochain. Au risque d'un immobilisme qui empêcherait de prendre des initiatives nouvelles vitales en ces temps troublés.Il existe pourtant une troisième voie. Au vu de la dérive actuelle de la N-VA, définitivement révélée par sa campagne de communication choc contre le Pacte des migrations, les partis vraiment démocratiques ne devraient-ils pas faire front au parlement ? L'heure d'une union sacrée contre la N-VA ne serait-elle pas venue pour assurer la stabilité jusqu'au 26 mai et préparer un avenir sans convulsion identitaire ou confédérale pour faire face aux urgences du moment ? Ce n'est pas la fin du pays qui est en jeu, mais bien nos fins de mois et la fin annoncée de la planète ! Socialistes, libéraux, chrétiens-démocrates, écologistes et DéFi détiennent, cette semaine, les clés de notre destin proche : puissent-il les utiliser de façon constructive...