Ri De Ridder a débuté sa carrière en 1976 en tant que médecin et a participé à la fondation des premiers centres de soins de quartier en Flandre. À partir de 1997, De Ridder va officier en tant que conseiller et chef de cabinet adjoint pour les différents ministres des Affaires sociales et de la Santé avant travailler pour l'Inami à partir de 2005. Il y fut directeur général du Service de soins de santé pendant 12 ans, avant de tirer sa révérence le 16 avril dernier.

Pour De Ridder, cette présidence à Médecins du Monde est une suite logique à sa carrière. Son mandat de trois ans à la présidence de l'association sera marqué par plusieurs combats. "Médecins du monde s'engage pour un système de santé ouvert et accessible à tous, y compris, par exemple, pour celui qui n'a pas d'argent, un toit ou des papiers. L'idée que les plus fragilisés ont aussi droit à un médecin est de moins en moins une évidence", dit De Ridder. Il juge notre système bon, sauf pour ceux qui vivent en marge de la société. "Nous ne pouvons pas évoluer vers un système de soins où seuls les citoyens 'aisés' y ont accès", insiste-t-il. Dans le même temps, ce système est également coûteux et inefficace. Il plaide dès lors pour une simplification.

Médecins du monde a été fondé en 1980 par Médecins Sans Frontières. Les fondateurs de Médecins du Monde ont estimé qu'en plus des soins médicaux, ils devaient aussi dénoncer les violations des Droits de l'Homme. L'organisation a été pionnière de l'aide humanitaire en se concentrant sur les pays occidentaux. La section belge a été créée en 1997.

Également dans sa ligne de mire: le monopole de l'industrie pharmaceutique, qui impose des prix "démesurés" pour des médicaments innovants. "J'ai toujours exprimé mon mécontentement envers les contrats secrets avec les sociétés pharmaceutiques. En tant qu'ancien directeur de l'Inami, je le sais : ce modèle n'est plus tenable", explique-t-il au Morgen. En conséquence, personne ne sait ce que nous payons réellement pour des médicaments qui sont innovants ou non. "Cette année, le budget pour les médicaments a été dépassé de 300 millions d'euros", dit De Ridder. "Bientôt, notre sécurité sociale ne pourra plus supporter cela et nous serons obligés d'économiser sur d'autres piliers de nos soins de santé. Ce qui se fera au détriment de l'accès aux soins pour le Belge ordinaire."

Enfin, l'ex-médecin s'effraie de l'individualisme qui grignote de plus en plus la solidarité interpersonnelle. "La santé d'une société se juge par sa manière de traiter les personnes les plus vulnérables", conclut-il.

Avec Belga