"Les dirigeants forts sont ceux capables de faire preuve de respect à travers leurs actions, d'accepter la diversité des opinions et de permettre aux citoyens d'être dûment informés, pas ceux qui tentent de museler les voix critiques", a lancé la commissaire en charge des valeurs et de la transparence, lors d'un débat au Parlement européen qui a mis ce sujet à son ordre du jour. Elle a cité le cas, en Hongrie, de la seule radio critique envers le gouvernement de Viktor Orban, Klubradio, dont la licence a été retirée le mois dernier par les autorités et qui attend le résultat d'une nouvelle procédure. En Pologne, un projet de loi du gouvernement de Mateusz Morawiecki visant un impôt sur la publicité dans les médias a conduit des médias indépendants à bloquer le mois dernier leurs contenus pendant 24 heures en signe de protestation. Ce projet est en cours de révision. En Slovénie, le gouvernement de Janesz Jansa a suspendu le financement de l'agence de presse nationale STA, tandis que le Premier ministre lui-même s'en est pris verbalement à des journalistes. "A chaque fois, nous avons pris contact avec les autorités nationales, et nous n'hésiterons pas à agir en cas de non-respect avec le droit européen", a assuré la commissaire, alors que l'exécutif européen est parfois accusé de ne pas en faire assez. Les trois pays cités ne sont pas les seuls États membres où l'indépendance médiatique est sous pression, a souligné Mme Jourova. Elle a notamment indiqué que la Commission vérifiait la bonne transposition des nouvelles règles sur l'indépendance des régulateurs nationaux des médias. Dans la foulée du rapport annuel sur l'État de droit et de son plan d'action pour la démocratie, la Commission présentera cette année une recommandation aux États membres pour améliorer la sécurité des journalistes, ainsi qu'une initiative pour lutter contre les poursuites intentées par les autorités pour intimider les médias. Elle veut aussi renforcer la transparence de l'actionnariat des médias et des publicités politiques, ou encore aider les médias à se remettre sur pied financièrement après la crise. "Car quand ils sont faibles économiquement, les médias sont plus vulnérables aux pressions des gouvernements". La commissaire a rappelé que la Hongrie faisait l'objet d'une procédure -article 7 du traité- déclenchée pour risque de "violation grave" des valeurs de l'UE, et espéré pouvoir "bientôt" discuter de cette question dans le cadre d'une réunion avec les ministres des Affaires européennes des 27. Mais l'UE ne dispose que de compétences très limitées en matière médiatique, a ajouté la commissaire tchèque. Mme Jourova envisage donc un élargissement des instruments de soutien financier de l'UE à la régulation indépendante et à la reconnaissance des médias en tant que piliers d'une société démocratique. Actuellement, a-t-elle dit, "nos règles ne reconnaissent que le rôle des médias en tant qu'acteurs du marché intérieur, ce qui limite notre capacité d'action". (Belga)

"Les dirigeants forts sont ceux capables de faire preuve de respect à travers leurs actions, d'accepter la diversité des opinions et de permettre aux citoyens d'être dûment informés, pas ceux qui tentent de museler les voix critiques", a lancé la commissaire en charge des valeurs et de la transparence, lors d'un débat au Parlement européen qui a mis ce sujet à son ordre du jour. Elle a cité le cas, en Hongrie, de la seule radio critique envers le gouvernement de Viktor Orban, Klubradio, dont la licence a été retirée le mois dernier par les autorités et qui attend le résultat d'une nouvelle procédure. En Pologne, un projet de loi du gouvernement de Mateusz Morawiecki visant un impôt sur la publicité dans les médias a conduit des médias indépendants à bloquer le mois dernier leurs contenus pendant 24 heures en signe de protestation. Ce projet est en cours de révision. En Slovénie, le gouvernement de Janesz Jansa a suspendu le financement de l'agence de presse nationale STA, tandis que le Premier ministre lui-même s'en est pris verbalement à des journalistes. "A chaque fois, nous avons pris contact avec les autorités nationales, et nous n'hésiterons pas à agir en cas de non-respect avec le droit européen", a assuré la commissaire, alors que l'exécutif européen est parfois accusé de ne pas en faire assez. Les trois pays cités ne sont pas les seuls États membres où l'indépendance médiatique est sous pression, a souligné Mme Jourova. Elle a notamment indiqué que la Commission vérifiait la bonne transposition des nouvelles règles sur l'indépendance des régulateurs nationaux des médias. Dans la foulée du rapport annuel sur l'État de droit et de son plan d'action pour la démocratie, la Commission présentera cette année une recommandation aux États membres pour améliorer la sécurité des journalistes, ainsi qu'une initiative pour lutter contre les poursuites intentées par les autorités pour intimider les médias. Elle veut aussi renforcer la transparence de l'actionnariat des médias et des publicités politiques, ou encore aider les médias à se remettre sur pied financièrement après la crise. "Car quand ils sont faibles économiquement, les médias sont plus vulnérables aux pressions des gouvernements". La commissaire a rappelé que la Hongrie faisait l'objet d'une procédure -article 7 du traité- déclenchée pour risque de "violation grave" des valeurs de l'UE, et espéré pouvoir "bientôt" discuter de cette question dans le cadre d'une réunion avec les ministres des Affaires européennes des 27. Mais l'UE ne dispose que de compétences très limitées en matière médiatique, a ajouté la commissaire tchèque. Mme Jourova envisage donc un élargissement des instruments de soutien financier de l'UE à la régulation indépendante et à la reconnaissance des médias en tant que piliers d'une société démocratique. Actuellement, a-t-elle dit, "nos règles ne reconnaissent que le rôle des médias en tant qu'acteurs du marché intérieur, ce qui limite notre capacité d'action". (Belga)