Le 18 avril, au moment de la discussion sur la double nationalité et du référendum turc, j'ai écrit "pas de référendum sur la peine de mort sur le territoire européen. Ce serait dépasser les limites éthiques de l'UE." J'ai appelé au boycott d'un possible référendum turc sur la peine de mort en territoire européen. Ma proposition a provoqué beaucoup de réactions critiques.

Aujourd'hui je suis content que les trois partis flamands du gouvernement fédéral se rallient à mon avis. Ils ont entièrement raison de le faire.

Pour faire fonctionner une société, il faut des valeurs communes, en Belgique, mais en Europe aussi. Si les défenseurs de l'Europe souhaitent que la population aime l'Europe, il faut parler davantage du marché européen libéré : de nos valeurs européennes partagées, importantes pour donner de la consistance au passeport européen. Aussi faut-il chérir, protéger et promouvoir nos valeurs européennes.

Complicité et non-assistance à personne en danger

Quand la Turquie organise un référendum sur la peine de mort en Europe, on aboutit à un dilemme éthique pour les adeptes de ces valeurs européennes, au sein duquel il n'y a pas de place pour la peine de mort.

D'une part, on peut affirmer avec de bonnes raisons qu'il faut respecter la liberté d'expression et de réunion, et que du coup il n'est pas opportun d'empêcher les Turcs belges de participer à un référendum sur la peine de mort.

D'autre part, on peut dire, également avec de bonnes raisons, que nous ne pouvons pas nous rendre complices d'une politique qui va à l'encontre de nos valeurs. Sur le plan éthique, nous sommes responsables de ce que nous faisons, mais aussi de ce que nous ne faisons pas. L'Europe peut-elle assister sans broncher à l'organisation d'un référendum sur la peine de mort ? Quand commence la non-assistance à personne en danger ?

Il faut peser le pour et le contre, mais en ce qui me concerne, les arguments sur la non-assistance à personne en danger sont décisifs. La peine de mort est absolument contraire aux valeurs européennes et à celles de mon parti. Ce n'est pas à l'homme à priver un autre homme de la vie, sous aucune condition. Celui qui veut instaurer la peine de mort ne peut et ne doit s'attendre à aucune aide de notre part. Si la Turquie souhaite organiser un référendum à ce sujet, nous devons utiliser tous les moyens juridiques à notre disposition pour le rendre impossible dans notre pays.

C'est aussi une opportunité pour l'Europe. L'Europe peut déclarer d'un commun accord qu'elle ne le tolérera pas. C'est l'occasion pour elle de protéger nos valeurs et les siennes et de les promouvoir.

Il est clair que le terrain est glissant, car nous empiétons sur la liberté d'opinion absolue et la liberté de réunion absolue. Mais après avoir pesé le pour et le contre, c'est une démarche à envisager. Nous sommes de plus en plus contraints à réfléchir à la protection de notre démocratie - non en supprimant les libertés de nos citoyens et en les restreignant - mais en étudiant les limites de notre tolérance démocratique. C'est une discussion délicate qui exigera une réflexion qui dépasse les limites du parti. Celui qui souhaite conserver la liberté des citoyens et retirer celle des "bandits" se trouve en terrain démocratique glissant. Soyons très clairs là-dessus.

Cependant, il faudrait pouvoir le faire par principe, et même si le terrain est glissant, il est - à condition que l'intervention d'un pouvoir judiciaire indépendant soit garantie - carrossable. Sur le plan socio-économique aussi, nous ne choisissons pas la liberté absolue du marché. L'histoire nous apprend que ce choix peut mener à une catastrophe humaine. Pour le vivre ensemble aussi, il faut parfois limiter la liberté de mouvement de ceux qui ne veulent pas de bien à la liberté. Là aussi, l'histoire nous a donné une dure leçon.

J'estime impensable que l'Europe autorise qu'on organise un référendum sur la peine de mort sur son territoire

Pour toutes ces raisons, j'estime impensable que l'Europe autorise qu'on organise ce référendum sur la peine de mort sur son territoire.

Le 18 avril, au moment de la discussion sur la double nationalité et du référendum turc, j'ai écrit "pas de référendum sur la peine de mort sur le territoire européen. Ce serait dépasser les limites éthiques de l'UE." J'ai appelé au boycott d'un possible référendum turc sur la peine de mort en territoire européen. Ma proposition a provoqué beaucoup de réactions critiques. Aujourd'hui je suis content que les trois partis flamands du gouvernement fédéral se rallient à mon avis. Ils ont entièrement raison de le faire. Pour faire fonctionner une société, il faut des valeurs communes, en Belgique, mais en Europe aussi. Si les défenseurs de l'Europe souhaitent que la population aime l'Europe, il faut parler davantage du marché européen libéré : de nos valeurs européennes partagées, importantes pour donner de la consistance au passeport européen. Aussi faut-il chérir, protéger et promouvoir nos valeurs européennes. Complicité et non-assistance à personne en danger Quand la Turquie organise un référendum sur la peine de mort en Europe, on aboutit à un dilemme éthique pour les adeptes de ces valeurs européennes, au sein duquel il n'y a pas de place pour la peine de mort. D'une part, on peut affirmer avec de bonnes raisons qu'il faut respecter la liberté d'expression et de réunion, et que du coup il n'est pas opportun d'empêcher les Turcs belges de participer à un référendum sur la peine de mort. D'autre part, on peut dire, également avec de bonnes raisons, que nous ne pouvons pas nous rendre complices d'une politique qui va à l'encontre de nos valeurs. Sur le plan éthique, nous sommes responsables de ce que nous faisons, mais aussi de ce que nous ne faisons pas. L'Europe peut-elle assister sans broncher à l'organisation d'un référendum sur la peine de mort ? Quand commence la non-assistance à personne en danger ? Il faut peser le pour et le contre, mais en ce qui me concerne, les arguments sur la non-assistance à personne en danger sont décisifs. La peine de mort est absolument contraire aux valeurs européennes et à celles de mon parti. Ce n'est pas à l'homme à priver un autre homme de la vie, sous aucune condition. Celui qui veut instaurer la peine de mort ne peut et ne doit s'attendre à aucune aide de notre part. Si la Turquie souhaite organiser un référendum à ce sujet, nous devons utiliser tous les moyens juridiques à notre disposition pour le rendre impossible dans notre pays. C'est aussi une opportunité pour l'Europe. L'Europe peut déclarer d'un commun accord qu'elle ne le tolérera pas. C'est l'occasion pour elle de protéger nos valeurs et les siennes et de les promouvoir. Il est clair que le terrain est glissant, car nous empiétons sur la liberté d'opinion absolue et la liberté de réunion absolue. Mais après avoir pesé le pour et le contre, c'est une démarche à envisager. Nous sommes de plus en plus contraints à réfléchir à la protection de notre démocratie - non en supprimant les libertés de nos citoyens et en les restreignant - mais en étudiant les limites de notre tolérance démocratique. C'est une discussion délicate qui exigera une réflexion qui dépasse les limites du parti. Celui qui souhaite conserver la liberté des citoyens et retirer celle des "bandits" se trouve en terrain démocratique glissant. Soyons très clairs là-dessus. Cependant, il faudrait pouvoir le faire par principe, et même si le terrain est glissant, il est - à condition que l'intervention d'un pouvoir judiciaire indépendant soit garantie - carrossable. Sur le plan socio-économique aussi, nous ne choisissons pas la liberté absolue du marché. L'histoire nous apprend que ce choix peut mener à une catastrophe humaine. Pour le vivre ensemble aussi, il faut parfois limiter la liberté de mouvement de ceux qui ne veulent pas de bien à la liberté. Là aussi, l'histoire nous a donné une dure leçon.Pour toutes ces raisons, j'estime impensable que l'Europe autorise qu'on organise ce référendum sur la peine de mort sur son territoire.