"Quand la raison finit, la colère commence. Par conséquent, la colère est un signe de faiblesse." C'est une sagesse du Dalaï-Lama qui s'applique certainement au Premier ministre Charles Michel (MR). Le week-end dernier, ce dernier déclarait: un déficit de 13 milliards, voilà ce qui me met en colère". Cependant, en tant que Premier ministre, il porte lui-même une grande, sinon la plus grande, responsabilité à cet égard. La colère de Charles Michel illustre la faiblesse de son leadership. Sous sa direction, le gouvernement n'a pas réussi à assainir le budget et à réduire la dette publique, malgré des promesses solennelles et des taux d'intérêt bas. Bientôt, officiellement le 1er décembre, Michel deviendra président du Conseil européen. S'il est effectivement remplacé par Sophie Wilmès, il apparaîtra très clairement à quel point les libéraux francophones sont aujourd'hui peu pourvus de talent politique et de persévéranc...

"Quand la raison finit, la colère commence. Par conséquent, la colère est un signe de faiblesse." C'est une sagesse du Dalaï-Lama qui s'applique certainement au Premier ministre Charles Michel (MR). Le week-end dernier, ce dernier déclarait: un déficit de 13 milliards, voilà ce qui me met en colère". Cependant, en tant que Premier ministre, il porte lui-même une grande, sinon la plus grande, responsabilité à cet égard. La colère de Charles Michel illustre la faiblesse de son leadership. Sous sa direction, le gouvernement n'a pas réussi à assainir le budget et à réduire la dette publique, malgré des promesses solennelles et des taux d'intérêt bas. Bientôt, officiellement le 1er décembre, Michel deviendra président du Conseil européen. S'il est effectivement remplacé par Sophie Wilmès, il apparaîtra très clairement à quel point les libéraux francophones sont aujourd'hui peu pourvus de talent politique et de persévérance.Les perspectives budgétaires désastreuses de la Belgique s'inscrivent dans une Europe qui souffre d'une croissance économique faible d'environ 1,5% et encore un peu moins pour la Belgique. C'est pourquoi certains économistes appellent les gouvernements à investir davantage, à dépenser plus d'argent, afin de stimuler cette croissance économique. Ils pourraient aussi réduire les impôts afin que les familles puissent dépenser plus d'argent et ainsi stimuler l'économie. Des experts budgétaires de la Commission européenne travaillent également à un assouplissement des règles budgétaires européennes. La dette publique pourrait alors dépasser les 60 % actuels du PIB, ce qui permettrait aux gouvernements de s'endetter davantage pour investir.Pour la Belgique, un tel assouplissement ne fait guère de différence. Nous n'avons jamais respecté les limites, notre dette publique représente plus de 100 % du PIB. Elle est importante pour des pays comme l'Allemagne et les Pays-Bas, qui, ces dernières années, ont procédé à des restructurations courageuses, utilisé l'argent des contribuables avec parcimonie, enregistré des excédents budgétaires et encouru peu de dettes. Ils ont de l'argent et on leur donne de la marge, et la Belgique n'a ni l'un ni l'autre. Notre gouvernement n'a pas de marge de manoeuvre financière pour investir beaucoup ou pour réduire considérablement les impôts. Toutes les promesses électorales en ce sens étaient duperies. En fait, pour ne pas laisser le déficit budgétaire dégénérer, le nouveau gouvernement devra faire des économies et/ou augmenter les impôts.Entre-temps, la Banque centrale européenne (BCE) maintient les taux d'intérêt à un niveau très bas, voire négatif. Cela rend l'emprunt et l'endettement extrêmement bon marché. La BCE espère que les gouvernements, les entreprises et les familles emprunteront davantage pour investir et consommer, stimulant ainsi l'économie. En réponse à la crise financière et économique, la BCE a lancé sa politique de taux d'intérêt en 2012, mais à ce jour, sans succès. L'économie européenne ne tourne toujours pas rond.Christine Lagarde, qui succédera à Mario Draghi à la présidence de la BCE le 1er novembre, a exprimé son intention de poursuivre, voire de renforcer, la politique de taux d'intérêt bas. Les économistes soulignent les nombreux effets secondaires dangereux. L'une des pires conséquences de la politique de taux d'intérêt bas est que l'argent sur les livrets d'épargne fond. Et les livrets d'épargne sont encore très populaires dans notre pays. Le taux d'intérêt sur un compte d'épargne s'élève à 0,11 %, mais l'inflation ou l'augmentation du coût de la vie est d'environ 2 %, donc on perd rapidement plus de 1,8 point de pourcentage par an. Le pouvoir d'achat réel des 280 milliards d'euros des comptes d'épargne belges a diminué de 15%, soit plus de 40 milliards d'euros. L'épargnant modèle est plumé dans le plus grand silence. C'est ainsi qu'aujourd'hui les braves Belges sont roulés deux fois. Ils sont les principales victimes de la politique d'argent gratuit de la BCE et de la politique budgétaire laxiste du gouvernement. Ils ne peuvent pas demander de comptes aux fonctionnaires de la BCE. Les politiciens du gouvernement le font, notamment lors des élections. Mais après leur défaite électorale, ils ont fui aussi vite que possible : le Vice-Premier Ministre Kris Peeters (CD&V) au Parlement européen, le Vice-Premier Ministre Didier Reynders devient Commissaire européen et le Premier ministre Charles Michel Président européen. En fin de compte, plus personne n'est responsable de l'appauvrissement qui nous touche aujourd'hui. Les citoyens ont toutes les raisons d'être furieux, mais restent admirablement calmes.