Le parquet de Paris a délivré le 10 septembre un "réquisitoire supplétif" étendant la saisine du juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'affaire Ramadan "à deux nouvelles potentielles victimes", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. La saisine porte sur des témoignages recueillis par les policiers de la brigade criminelle auprès de deux femmes, identifiées sur des documents retrouvés dans les ordinateurs de l'intellectuel musulman, a précisé une source proche du dossier. Ces deux femmes, qui n'ont pas porté plainte, assurent avoir été entraînées dans une relation sexuelle brutale par M. Ramadan, l'une en novembre-décembre 2015 et l'autre en mars 2016. Toutes deux ont évoqué une "emprise". "Je lui demandais d'être plus doux, mais il me disait 'c'est de ta faute, tu le mérites' (...) et qu'il fallait obéir, ce que j'ai fait", a rapporté l'une de ces femmes, dont le témoignage a pu être consulté par l'AFP. "C'est d'un autre ordre qu'un viol physique, cela va au-delà (...) il y a un viol moral", a expliqué la seconde. "Il a une telle emprise sur vous qu'on fait tout ce qu'il nous demande (...). Mais cette relation a été consentie, oui", a-t-elle précisé. Figure longtemps influente, mais controversée, de l'islam européen, Tariq Ramadan, 57 ans, est inculpé depuis février 2018 pour le viol de deux femmes en France, en 2009 et 2012. L'intellectuel suisse, qui a passé près de dix mois en détention provisoire avant d'être remis en liberté en novembre, a d'abord nié tout rapport sexuel avec ces femmes avant d'évoquer des "relations consenties". Deux autres plaintes pour "viol" ont été déposées, en mars 2018 et juillet 2019, et font l'objet d'investigations. L'élargissement de l'enquête sur ces nouveaux soupçons de viols intervient alors que Tariq Ramada a engagé mi-septembre une contre-offensive médiatique, avec la publication d'un livre ("Devoir de vérité"), qui dénonce un "traquenard" et dément toute "emprise" sur ses partenaires sexuelles. (Belga)