Les démocrates "ont dit à tout le monde qu'il y avait eu complot entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump (...) et pourtant sur cette question spécifique, les conclusions du procureur spécial sont claires: affaire classée", s'est indigné Mitch McConnell au Sénat. La bataille entre l'opposition démocrate et l'administration Trump s'est envenimée depuis la publication du rapport très attendu du procureur spécial Robert Mueller, le 18 avril. Dans son rapport de près de 450 pages, partiellement expurgé de données sensibles, l'ex-chef respecté du FBI a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou mais a décrit une dizaine de pressions exercées par le président républicain sur l'enquête. Convaincus que ces indices démontrent que le président a "entravé la justice", les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, réclament le rapport complet. Face au refus du ministre de la Justice, Bill Barr, ils ont augmenté la pression lundi en le menaçant d'une rare procédure pour entrave aux prérogatives d'enquête du Congrès, qui devrait démarrer mercredi. "Les accusations deviennent de plus en plus absurdes, des accusations sans fondements de parjure, des menaces risibles de destitution", a réagi Mitch McConnell dans l'hémicycle. "Les démocrates s'apprêtaient à déverser toute cette colère sur le président Trump, mais les faits les ont déçus (...) alors la gauche a retourné tous ses canons et a tiré sur le ministre de la Justice sans aucune raison légitime, simplement parce que c'est une cible aisée". C'est "un peu comme si Richard Nixon avait dit qu'il fallait tourner la page en pleine enquête sur ses malversations", a rétorqué le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, dans une allusion au président républicain (1969-1974) qui a été contraint de démissionner alors qu'il était visé par une procédure de destitution. M. McConnell a bien qualifié de "menace" sérieuse l'ingérence russe dans les élections américaines, mais en a fait retomber la responsabilité sur le président démocrate Barack Obama. (Belga)