Ce rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le troisième en un an, constate que la hausse du niveau des océans s'est accélérée ces dernières décennies en raison de la fonte plus rapide des glaces du Groenland et de la banquise en Antarctique mais aussi de la fonte des glaciers et de la dilatation thermique des océans. Sur la période 2006-2015, l'augmentation du niveau des mers est estimée à 3,6 mm par an en moyenne alors que la hausse sur tout le 20e siècle n'avait été "que" de 15 cm. Quel que soit le scénario d'évolution des émissions, il faut s'attendre à des évènements naturels extrêmes plus fréquents (grandes marées, tempêtes...) dans les zones côtières, augmentant les risques pour les populations de ces régions, avertissent les scientifiques. Les plus petits glaciers, en Europe notamment, risquent de perdre plus de 80% de leur masse d'ici 2100, mettant en péril le tourisme de haute montagne mais aussi la disponibilité en eau douce. La fonte des glaciers entrainerait aussi des risques accrus de glissements de terrain, d'avalanches, d'inondations... Le réchauffement climatique provoque une fonte du permafrost. Celui-ci verrait un quart de sa surface superficielle (3-4 mètres de profondeur) fondre d'ici 2100 même si la hausse des températures est limitée nettement sous +2°C. Si les émissions continuent à augmenter fortement, la fonte atteindrait environ 70%, ce qui libérerait des quantités énormes supplémentaires de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, alimentant d'autant plus le réchauffement mondial. Le rapport constate également une acidification des océans et une perte d'oxygène qui perturbent la flore et la faunes marines. C'est tous les écosystèmes océaniques qui sont chamboulés, avec une redistribution des populations de poissons et un potentiel de pêche en baisse au niveau mondial. Un total de 670 millions de personnes vivent dans des régions de haute montagne de par le monde et 680 millions dans des zones côtières de basse altitude, rappelle le Giec. Quatre millions de personnes vivent en outre dans les régions arctiques et 65 millions dans de petits États insulaires en voie de développement. Ce nouveau rapport met en évidence les nombreux bénéfices à tirer d'efforts accrus pour le climat. "Si nous réduisons fortement les émissions, les conséquences pour les peuples et leurs moyens de subsistance représenteront toujours un défi mais potentiellement plus gérable pour les plus vulnérables", résume Hoesung Lee, le président du Giec. (Belga)