La crainte de nouvelles attaques découle en fait d'un rapport soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies, et daté d'il y a plusieurs jours. Ce rapport entre dans le cadre d'une série d'analyses, d'états de la situation, que le secrétaire général doit présenter ou transmettre au Conseil de sécurité de l'ONU tous les six mois. António Guterres y rapporte, deux fois par an, "la gravité de la menace" que représente l'EI "pour la paix et la sécurité internationales". Publié le 31 juillet, le dernier rapport en date est le 9e de cette série; le premier depuis la chute de Baghouz (Syrie) en mars. La reprise de cette entité de l'est de la Syrie par les Forces démocratiques syriennes (FDS) correspondait à la fin du califat autoproclamé il y a près de cinq ans par l'EI. Le rapport onusien précise à cet égard qu'on peut s'attendre, sur place, à des "activités insurrectionnelles" orchestrées par l'EI comme il y en avait eu après les défaites territoriales en Irak: incendies des récoltes, et autres, dans le but de soulever la population contre les autorités. Parallèlement, "l'EIIL (l'État islamique d'Iraq et du Levant, NDLR) continue d'aspirer à jouer un rôle mondial", souligne le document, qui en veut pour preuve la vidéo de Baghdadi diffusée fin avril. Le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, y promettait une vengeance après la chute de Baghouz et de poursuivre la lutte contre l'Occident. Le rapport onusien, qui se base entre autres sur des informations transmises par des Etats membres, estime à environ 40.000 le nombre d'étrangers partis combattre en Irak ou en Syrie, dont 5 à 6.000 Européens. 30 à 40% de ce contingent du continent seraient rentrés en Europe, d'autres (30-40%) sont morts sur place ou restent détenus dans la région (10-15%). La problématique des "returnees" reste vivace, reconnait l'ONU: le traumatisme vécu par ces personnes, et l'efficacité "parfois douteuse" des programmes de déradicalisation, peuvent mener à un risque de futurs attentats terroristes, y compris en Europe. Au Moyen-Orient, "certaines personnes peuvent rallier Al-Qaida ou d'autres groupes inscrits sur les listes, si rien n'est fait pour remédier aux causes profondes qui avaient donné naissance à l'EIIL. Si les problèmes ne sont pas réglés au niveau des systèmes judiciaire et pénitentiaire dans bon nombre de pays, cela instaurera des conditions propices à la radicalisation en prison et augmentera le risque d'attentats futurs". En Europe plus spécifiquement, la radicalisation en milieu carcéral reste une grande crainte, dans un contexte de marginalisation, de pauvreté et de violence. D'ailleurs, la plupart des combattants européens de retour au pays, même désenchantés ou déçus par la vie sous l'EIIL, "continuent néanmoins d'avoir des vues extrémistes", ont observé des Etats membres. (Belga)