Le plan Marshall, disait-on, devait permettre de rattraper l'économie flamande. Le plan a été actualisé à plusieurs reprises, notamment en 2015 par le ministre-président wallon Paul Magnette (PS), mais le résultat est décevant. L'écart économique entre la Flandre et la Wallonie s'est encore creusé.
...

Le plan Marshall, disait-on, devait permettre de rattraper l'économie flamande. Le plan a été actualisé à plusieurs reprises, notamment en 2015 par le ministre-président wallon Paul Magnette (PS), mais le résultat est décevant. L'écart économique entre la Flandre et la Wallonie s'est encore creusé.La semaine dernière, la Banque Nationale a publié les comptes régionaux, qui dévoilent les performances des économies flamande et wallonne. Ils ont été à peine relayés par la presse flamande, et pas du tout par la presse francophone. Néanmoins, les chiffres sont essentiels pour comprendre le chemin que prend ce pays. Il apparaît que la croissance économique en 2018 a augmenté de 1,7 % en Flandre, contre 1,3 % en Wallonie. En d'autres termes, l'écart économique entre le nord et le sud du pays se creuse.Quel que soit le paramètre utilisé, la Wallonie obtient de moins bons résultats que la Flandre, qui n'est pas très performante par rapport aux autres régions européennes. En Flandre, l'emploi a augmenté de 1,7 %, en Wallonie de 1,1 %. Le taux de chômage en Flandre est de 3,5 %, en Wallonie de 8,5 %. Le taux d'emploi - le nombre de personnes en âge de travailler qui ont un emploi - est de 74,6 % en Flandre et de 63,7 % en Wallonie. Le taux de risque de pauvreté en Flandre est de 10,5 %, en Wallonie il est deux fois plus élevé : il atteint les 19,4 %. Des chiffres tragiques.D'après un rapport de l'OCDE, il y a peu de pays où les différences économiques régionales, y compris en matière de santé par exemple, sont aussi grandes qu'entre la Flandre et la Wallonie. Et il n'y a pas d'amélioration en vue. Le Bureau du Plan prévoit une croissance économique en 2021-2024 de 1,4 % en Flandre, contre 1,2 % en Wallonie.Quelles en sont les raisons? Évidemment, la Wallonie a trop longtemps cru en son industrie sidérurgique et charbonnière et a trop tardé à se concentrer sur les nouvelles industries et les nouveaux services. De plus, la Wallonie a été abandonnée par de riches industriels comme Albert Frère, qui s'enrichit sur le dos du gouvernement et donc du contribuable, avant d'investir son argent à l'étranger. Et puis, l'attitude de la Wallonie à l'égard de l'initiative privée est souvent négative. Les syndicats wallons maintiennent la région sous leur joug et étouffent toute tentative de progrès.La gouvernance politique est également responsable de l'évolution économique délétère. La plupart des pouvoirs économiques ont été transférés aux Régions en 1980 et 1988. Mais les gouvernements wallons, dirigés par les socialistes francophones depuis près de trente ans, n'ont obtenu que des résultats décevants, malgré toute leur rhétorique et en dépit de tous les plans Marshall. Il s'avère que les recettes de gauche ne fonctionnent pas et pourtant le gouvernement wallon continue obstinément à les défendre. L'informateur Paul Magnette (PS) s'en est même servi comme point de départ pour son mémo qui devait aboutir à un gouvernement fédéral arc-en-ciel.En 2008, lors de la formation du gouvernement Leterme I, l'homme politique wallon Gérard Deprez trouvait que la Flandre aurait mieux fait de se servir de son autonomie : "le développement économique s'est accéléré, la richesse individuelle et les exportations ont augmenté, le taux de chômage est encore purement conjoncturel et l'enseignement est de classe mondiale. L'économie wallonne, en revanche, n'est que modérément performante", a déclaré Deprez, soulignant le "chômage élevé" qui s'ajoute à l'importante dette publique wallonne.Deprez a décidé que la Wallonie devait se redresser si elle voulait donner un autre avenir à l'État fédéral. Cela ne s'est pas produit, au contraire. Même les livraisons d'armes wallonnes à l'Arabie saoudite n'ont pas aidé.