"Les demandes de l'Association des Journalistes Professionnels (AJP) et de la Société des Rédacteurs (SDR) ont été rencontrées", selon le représentant du syndicat socialiste. "Les représentants des journalistes doivent encore se prononcer. Le nombre de départs au sein des Editions de l'Avenir passe donc de 45 équivalents temps plein (ETP) à 43,09 sans aucun licenciement sec, ce qui était la principale revendication de la délégation syndicale."

Une assemblée générale du personnel tenue par les syndicats est prévue à 10h30 pour valider ou non cet accord.

Les quotidiens des Editions de L'Avenir n'étaient pas parus mardi et mercredi à la suite d'une action du personnel lancée lundi soir. Les travailleurs contestaient les licenciements secs de trois journalistes qu'ils estimaient "ciblés", ce que la direction a toujours nié.

Mercredi, le personnel avait décidé en assemblée générale de reprendre le travail "en signe d'ouverture". Il menaçait toutefois de mener une nouvelle action vendredi si leurs revendications n'étaient pas rencontrées. La direction avait toutefois décidé de conditionner cette reprise à la conclusion d'un accord social. Elle a convoqué à 16h00 la délégation syndicale, mais pas les représentants des journalistes. Un accord sur la réintégration des trois personnes qui devaient être licenciées a finalement pu être dégagé vers minuit.

Dans le même temps, le journal a pu paraître jeudi et l'accès au site et aux réseaux sociaux a été rétabli, après un long blocage mardi et mercredi. Ce "lock out" a provoqué l'indignation des associations de journalistes.

Le sort du directeur des rédactions Philippe Lawson, désavoué par une motion de méfiance du personnel, n'a pas été évoqué pendant les négociations mercredi soir, précise Thomas Lesire. Selon lui, il s'agit d'un sujet distinct. "Notre objectif est avant tout de mettre en place une rédaction avec une organisation qui fonctionne."

Belga a appris à bonne source que ce point pouvait potentiellement provoquer un blocage lors de l'assemblée générale prévue à 10h30.

Interrogé par La Libre, M. Lawson, d'origine togolaise, s'est plaint de propos racistes tenus à son encontre par certains membres du personnel. "J'ai appris il y a quelques jours que dans la rédaction, certains m'appelaient le Togolais, et ça me fait mal. Je suis venu pour un projet et on joue l'homme. Je ne suis pas l'homme de (Stéphane) Moreau (administrateur-délégué de Nethys, actionnaire de L'Avenir, ndlr). Je suis journaliste depuis vingt ans, on sait comment je travaille."