Être une femme et se faire un nom d'artiste aux côtés de peintre éminents tels que Rubens, Van Dyck ou Jordaens? Mission presque impossible pour Michaelina Wautier (1604-1689). Une trentaine de ses toiles ont tout de même traversé les siècles, témoigant de son audace et de sa technique. Michaelina Wautier est un mystère. Si l'on sait qu'elle vit le jour à Mons, puis s'établit peu après 1640 à Bruxelles en compagnie de son frère Charles, peintre également, sa vie est à peine documentée. Au fil des siècles, son ?uvre fut attribuée à d'autres artistes, masculins. Il est des plafonds de verre difficiles à briser. L'artiste se distingue toutefois par la diversité des thèmes qu'elle aborde: outre les portraits, les scènes mythologiques et religieuses, Michaelina Wautier s'attaque aux pièces historiques en grand format, "un défi devant lequel reculent même des peintres du sexe fort", souligne le musée anversois MAS. L'une de ses ?uvres majeures s'intitule "Le mariage mystique de Sainte Catherine". Elle peint le quotidien, des nus masculins, aussi. "Peindre des hommes nus était plutôt impensable pour une femme à cette époque, cela témoigne d'une grande audace", souligne l'historienne de l'art Katlijne Van der Stighelen, qui a redécouvert récemment les tableaux de l'artiste. "Elle a peint des ?uvres magnifiques, plus de cent ans avant que la gent féminine ne soit admise dans les académies d'art." Figure anticonformiste, "Michaelina Wautier ne pouvait assurer sa propre promotion et son nom est quelque peu tombé dans l'oubli", ajoute Michiel Sallaets, porte-parole de Google. Après Chantal Akerman l'année passée, Michaelina Wautier est la deuxième grande dame d'origine belge à être mise à l'honneur par Google au travers d'un doodle spécial. (Belga)