Au moins 16 personnes ont été tuées entre dimanche et mardi dans des affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, en conflit depuis des décennies autour du Nagorny Karabakh, une région sécessionniste d'Azerbaïdjan soutenue par l'Arménie et théâtre d'une guerre au début des années 1990. Les récents affrontements ont cependant eu lieu loin de ce territoire, à la frontière nord entre ces deux ex-républiques soviétiques du Caucase. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait savoir que "les actions militaires se sont arrêtées à minuit" et que l'accalmie s'était poursuivie pendant la journée de mercredi. Une porte-parole du ministère arménien de la Défense, Chouchan Stepanian, a elle aussi déclaré que la situation avait été "calme pendant la nuit", tandis que le ministère des Affaires étrangères a déclaré que les affrontements avaient cessé à minuit. Onze militaires azerbaïdjanais et un civil sont morts dans ces combats, ainsi que quatre soldats arméniens, selon les bilans officiels de chaque pays. La Russie, la puissance régionale, les Etats-Unis et l'Union européenne ont tous appelé l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les hostilités, à cesser le feu. La Turquie, alliée de Bakou et rivale de Moscou dans la région, a pour sa part précisé soutenir l'Azerbaïdjan dans "sa lutte pour protéger son intégrité territoriale". Le ministère arménien des Affaires étrangères a critiqué cette réaction turque, la qualifiant de "position provocante et biaisée" menaçant les espoirs de paix. Tandis que le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, accuse Bakou d'être à l'origine de ces affrontements, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a reproché à Erevan un "acte d'agression", dans une lettre envoyée à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Interrogée par l'AFP, l'experte Olesya Vartanyan a estimé qu'une "intrusion territoriale directe d'un des deux camps conduirait à une implication de la Russie et de la Turquie" dans la confrontation. Toutefois, la probabilité d'une guerre de grande ampleur dans une zone où Bakou et Erevan n'ont pas de revendications territoriales, loin du Nagorny Karabakh, est faible selon Mme Vartanyan, membre de l'ONG International Crisis Group. "La possibilité que les hostilités se répercutent sur le Nagorny Karabakh est également peu probable", affirme-t-elle. La Russie maintient une base militaire en Arménie, qui appartient à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective. Mais le Kremlin, qui souhaite se positionner en arbitre dans la région pour y maintenir son influence, livre des armes aux deux pays. Malgré près de 30 ans de médiation internationale, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ne sont pas parvenus à trouver une solution au conflit du Nagorny Karabakh, sous le contrôle d'Erevan. Riche en hydrocarbures, Bakou menace régulièrement de reprendre ce territoire par la force face à l'échec de ses efforts diplomatiques. (Belga)

Au moins 16 personnes ont été tuées entre dimanche et mardi dans des affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, en conflit depuis des décennies autour du Nagorny Karabakh, une région sécessionniste d'Azerbaïdjan soutenue par l'Arménie et théâtre d'une guerre au début des années 1990. Les récents affrontements ont cependant eu lieu loin de ce territoire, à la frontière nord entre ces deux ex-républiques soviétiques du Caucase. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait savoir que "les actions militaires se sont arrêtées à minuit" et que l'accalmie s'était poursuivie pendant la journée de mercredi. Une porte-parole du ministère arménien de la Défense, Chouchan Stepanian, a elle aussi déclaré que la situation avait été "calme pendant la nuit", tandis que le ministère des Affaires étrangères a déclaré que les affrontements avaient cessé à minuit. Onze militaires azerbaïdjanais et un civil sont morts dans ces combats, ainsi que quatre soldats arméniens, selon les bilans officiels de chaque pays. La Russie, la puissance régionale, les Etats-Unis et l'Union européenne ont tous appelé l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui s'accusent mutuellement d'avoir déclenché les hostilités, à cesser le feu. La Turquie, alliée de Bakou et rivale de Moscou dans la région, a pour sa part précisé soutenir l'Azerbaïdjan dans "sa lutte pour protéger son intégrité territoriale". Le ministère arménien des Affaires étrangères a critiqué cette réaction turque, la qualifiant de "position provocante et biaisée" menaçant les espoirs de paix. Tandis que le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, accuse Bakou d'être à l'origine de ces affrontements, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a reproché à Erevan un "acte d'agression", dans une lettre envoyée à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Interrogée par l'AFP, l'experte Olesya Vartanyan a estimé qu'une "intrusion territoriale directe d'un des deux camps conduirait à une implication de la Russie et de la Turquie" dans la confrontation. Toutefois, la probabilité d'une guerre de grande ampleur dans une zone où Bakou et Erevan n'ont pas de revendications territoriales, loin du Nagorny Karabakh, est faible selon Mme Vartanyan, membre de l'ONG International Crisis Group. "La possibilité que les hostilités se répercutent sur le Nagorny Karabakh est également peu probable", affirme-t-elle. La Russie maintient une base militaire en Arménie, qui appartient à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective. Mais le Kremlin, qui souhaite se positionner en arbitre dans la région pour y maintenir son influence, livre des armes aux deux pays. Malgré près de 30 ans de médiation internationale, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ne sont pas parvenus à trouver une solution au conflit du Nagorny Karabakh, sous le contrôle d'Erevan. Riche en hydrocarbures, Bakou menace régulièrement de reprendre ce territoire par la force face à l'échec de ses efforts diplomatiques. (Belga)