A l'heure où la pandémie recule en Belgique, les appels se font de plus en plus pressants en faveur de plans de relance. Pour le MR, l'ampleur de la tâche réclame un gouvernement de plein exercice, soutenu par une majorité au parlement. La Première ministre, Sophie Wilmès, l'a rappelé mercredi en réponse en plusieurs questions, appelant au passage à ne pas confondre mesure de relance et de sauvetage. A ses yeux, il faudra un "débat démocratique approfondi reposant sur une large base politique". Le PS réclame de son côté des mesures rapides. "Il n'y a pas à tergiverser, il faut agir. Il nous faut un plan de relance économique et sociale. Il faut rendre espoir à la population", a exhorté le chef de groupe Ahmed Laaouej. Le parlement est à disposition "pour agir immédiatement", a-t-il précisé. Les socialistes posent toutefois leurs balises: pas question d'une "asphyxie sociale", par laquelle on s'en prendrait aux salaires des travailleurs et au financement de la sécurité sociale. "On cherche à défendre certains intérêts économiques dans l'ombre ou de manière plus ouverte. Et pour nous, c'est inacceptable", a encore dit M. Laaouej. La grogne du personnel infirmier a également échauffé les esprits. Le gouvernement a suspendu deux arrêtés royaux très controversés avant un retrait probable samedi, à l'issue d'un "kern élargi" aux dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux. Les critiques entendues, notamment du PS, ont indisposé la ministre de la Santé, Maggie De Block. Elle rappelé le soutien apporté par les dix partis aux mesures. Plus globalement, c'est la politique du/des gouvernement(s) précédent(s) dans les soins de santé qui a été mise sur le gril. Samedi, le personnel de l'Hôpital Saint-Pierre a tourné le dos à Mme Wilmès pour exprimer sa détresse. "Ils ont la conviction que c'est votre gouvernement qui leur a tourné le dos", a lâché Laurence Hennuy (Ecolo). "Au fil des années, ils se sentent malmenés, ni écoutés, ni entendus", a accusé Catherine Fonck (cdH). L'action menée à Saint-Pierre a suscité les commentaires acides de la ministre Marie-Christine Marghem et un recadrage par son président de parti. "Toutes les expression publiques, y compris celles des membres du gouvernement, doivent être empreintes de respect et d'empathie", a demandé Mme Wilmès. "La confiance qui vous a été accordée, c'est uniquement pour gérer cette crise. Quand un de vos ministres se permet d'insulter le personnel soignant, c'est inacceptable", a averti Sophie Rohonyi (DéFI). Les syndicats avaient déposé des préavis de grève pour couvrir des actions si les arrêtés royaux étaient maintenus et obtenir l'ouverture de négociations pour revaloriser le secteur infirmier. Ils ont été entendus. Le PTB (seul à ne pas soutenir les pouvoirs spéciaux) s'en est félicité. "C'est une leçon importante pour tous les travailleurs. Le rapport de forces est à nouveau présent. Battez-vous, on peut y aller, on gagnera", a lancé Raoul Hedebouw. (Belga)

A l'heure où la pandémie recule en Belgique, les appels se font de plus en plus pressants en faveur de plans de relance. Pour le MR, l'ampleur de la tâche réclame un gouvernement de plein exercice, soutenu par une majorité au parlement. La Première ministre, Sophie Wilmès, l'a rappelé mercredi en réponse en plusieurs questions, appelant au passage à ne pas confondre mesure de relance et de sauvetage. A ses yeux, il faudra un "débat démocratique approfondi reposant sur une large base politique". Le PS réclame de son côté des mesures rapides. "Il n'y a pas à tergiverser, il faut agir. Il nous faut un plan de relance économique et sociale. Il faut rendre espoir à la population", a exhorté le chef de groupe Ahmed Laaouej. Le parlement est à disposition "pour agir immédiatement", a-t-il précisé. Les socialistes posent toutefois leurs balises: pas question d'une "asphyxie sociale", par laquelle on s'en prendrait aux salaires des travailleurs et au financement de la sécurité sociale. "On cherche à défendre certains intérêts économiques dans l'ombre ou de manière plus ouverte. Et pour nous, c'est inacceptable", a encore dit M. Laaouej. La grogne du personnel infirmier a également échauffé les esprits. Le gouvernement a suspendu deux arrêtés royaux très controversés avant un retrait probable samedi, à l'issue d'un "kern élargi" aux dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux. Les critiques entendues, notamment du PS, ont indisposé la ministre de la Santé, Maggie De Block. Elle rappelé le soutien apporté par les dix partis aux mesures. Plus globalement, c'est la politique du/des gouvernement(s) précédent(s) dans les soins de santé qui a été mise sur le gril. Samedi, le personnel de l'Hôpital Saint-Pierre a tourné le dos à Mme Wilmès pour exprimer sa détresse. "Ils ont la conviction que c'est votre gouvernement qui leur a tourné le dos", a lâché Laurence Hennuy (Ecolo). "Au fil des années, ils se sentent malmenés, ni écoutés, ni entendus", a accusé Catherine Fonck (cdH). L'action menée à Saint-Pierre a suscité les commentaires acides de la ministre Marie-Christine Marghem et un recadrage par son président de parti. "Toutes les expression publiques, y compris celles des membres du gouvernement, doivent être empreintes de respect et d'empathie", a demandé Mme Wilmès. "La confiance qui vous a été accordée, c'est uniquement pour gérer cette crise. Quand un de vos ministres se permet d'insulter le personnel soignant, c'est inacceptable", a averti Sophie Rohonyi (DéFI). Les syndicats avaient déposé des préavis de grève pour couvrir des actions si les arrêtés royaux étaient maintenus et obtenir l'ouverture de négociations pour revaloriser le secteur infirmier. Ils ont été entendus. Le PTB (seul à ne pas soutenir les pouvoirs spéciaux) s'en est félicité. "C'est une leçon importante pour tous les travailleurs. Le rapport de forces est à nouveau présent. Battez-vous, on peut y aller, on gagnera", a lancé Raoul Hedebouw. (Belga)